Vai al contenuto

2004 – Rien qu’une vache – La désarpa de Valtournenche

L’automne est déjà là… l’herbe commence à manquer sur les hauts pâturages, les journées sont tièdes, et le ciel même semble transmettre un air de mélancolie: l’heure de la désarpa a sonné.

Le jour traditionnel de la descente des troupeaux des alpages est le 29 settembre, la Saint-Michel. “Enarpa” et “Désarpa” marquent depuis des siècles le rythme de notre monde agricole et pastoral, et restent encore aujourd’hui les témoins, face au changement inévitable des temps, d’une civilisation unique dans les Alpes et encore ben vitale.

Pendant cent jours, les vaches ont pâturé sur les hautes prairies de la Vallée d’Aoste, broutant l’herbe plus fraiche et tendre, et produisant un lait de haute qualité, tout engorgé des parfums subtils de la flore alpestre. A’ l’automne, bergers et troupeaux quittent l’alpage pour reprendre la route de la plaine, vaches en tête, cloches au col et cornes fleuries.

Ici, à Valtournanche, la fête qui annonce la fin de la saison de l’alpage a été anticipée de quelques jours, pour permettre aux touristes aussi de s’approcher aux couleurs, aux parfums et aux hommes qui composent le monde, parfois caché, de l’élevage. Une façon pour redécouvrir les traditions agro-pastorales et la culture de la montagne valdotaine et d’en vivre l’ambiance si particulière .

Dès le matin, une saine excitation règne à l’alpage. On ne parle pas trop : on travaille car il faut partir à l’heure. Les vaches aussi semblent partager ces émotions: intuitivement, elles savent que le départ de l’alpage est imminent. Quant à la touche finale, elle est donnée après avoir suspendu  les cloches aux cous des bêtes. Il faut alors ajuster le bosquet.  (1’30”)

La désalpe, le retour en plaine, c’est aussi le sentiment du devoir accompli, la fierté de s’inscrire dans une tradition, une fierté qui se mesure à l’ardeur mise à décorer son troupeau. Les vaches n’ont plus qu’à défiler majestueusement. Noyées dans le tintamarre assourdissant que leur démarche impose aux cloches, les vaches sont les reines d’un jour dans la solennité de la désalpe.

Les troupeaux partent des alpages à intervaux réguliers de 15 minutes. Le cortège est ouvert par les “reines”, la Reina dou lacé, celle qui produit plus de lait, couronnée avec un bosquet blanc, et la Reina di Cornes, celle plus forte dans la lutte à coup de cornes, couronnée avec des rubans rouges.

Accompagné par le son des cloches, le defilè passe à travers les pays de montagne, sous les yeux des habitants et des touristes. Sur la route, des étapes organisés par les associations des alpins sont l’occasion d’une halte et d’un moment de convivialité.

Plus en bas, l’attente est frénétique. L’arrivée des troupeaux est annoncée par le cortège des autorités et des représentants des associations de Valtournenche. Résidents et touristes partagent ensemble cette fête de la montagne. C’est pour beaucoup d’entre eux « un retour aux sources », aux racines paysannes.

Aux portes du chef-lieu, le troupeau est pris en consigne, sous le notes de la bande musicale, par un cortège auquel participe toute la population, des guides de haute montagne, aux maîtres de ski, aux enfants en costume. C’est le témoignage de la reconnaissance d’une communauté pour le dur travail des éleveurs.

Une fois le village traversé, le defilè poursuit pour Maën. Ici, c’est finalement le moment de la fête et des retrouvailles. Le temps d’un dîner en gaité. Dans l’après-midi, les éleveurs et leurs troupeaux regagneront les étables du fond de la vallée, pour reprendre la vie de tous les jours.

Aujourd’hui, tous les ingrédients sont réunis pour la bonne réussite de cette journée qui veut être surtout un moment de convivialité et de partage, mais aussi l’occasion  pour tracer le bilan de la saison d’étè dans non alpages, et surtout de regarder aux perspectives du secteur. La présence de beaucoup de jeunes passionnés fait ben espérer pour l’avenir d’un secteur stratégique pour la Vallée d’Aoste non seulement du point de vue productif, mais surtout pour la valeur ajoutée qu’il apporte à d’autres secteurs tels que le tourisme et l’aménagement du territoire. Le paysan est en quelque sorte le “gardien” du territoire de montagne et contribue de manière essentielle à lui donner cet aspect si appréciée par les touristes. Et c’est justement sur le binome agriculture tourisme que la commune de Valtournanche a decide de miser, pour caractériser son modèle de dévoloppement de commuinauté montagnarde.

Pubblicato / aggiornato il 26/10/2020 alle 20:30
Categoria: Cultura / Video