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En groupe : la Gaie famille de Charvensod

C’était l’an 1964 et un ferment culturel germa dans un groupe de jeunes gens de Charvensod. Ils avaient envie de faire quelque chose qui, sous l’impulsion de M. Mirco Viérin, se concrétisa en une chorale, baptisée « La Gaie Famille de Chavensod ». Au cours des quatre années qui suivirent, la passion pour la scène et la danse s’ajoutèrent et le groupe se transforma en compagnie théâtrale et groupe folklorique. A’ la fin des années Soixante, les acteurs prirent chacun leur chemin, le chant fut abandonné et il ne resta que le groupe folklorique. Quelles péripéties pour créer le costume !

Mirco Viérin – Nous avons eu des difficultés pour faire notre costume. On n’avait pas d’argent et déjà cela ne simplifiait pas les choses, mais nous voulions un costume qui ait son propre caractère. Nous avons alors rencontré le Président de la Région qui a sorti un livre sur Gressoney et il nous a dit : « Nous ne sortirons pas de la Vallée d’Aoste ». Nous avons cherché des inspirations, mais nous ne pouvions pas copier les costumes de Cogne ou d’ailleurs ! Il fallait être originaux. Alors je suis allé à Turin avec le professeur Berthod et avec le peintre François Nex. Ils nous ont donné des idées et nous sommes arrivés à élaborer un costume qui s’inspirait de la tenue que les paysans revêtaient, au début des années 1900, quand ils devaient se rendre en ville. Les pantalons un peu court à la polonaise, la veste courte elle aussi, la chemise avec plastron. A’ la fin nous l’avions notre costume.

Le costume de la Gaie Famille a donc été dessiné au moment de la constitution de la chorale. 

Le costume masculin se compose d’un pantalon en drap noir avec une martingale derrière ; d’une chemise en coton blanc avec un plastron plissé et recouverte d’un gilet en drap noir, avec une martingale lui aussi. Le col de la chemise est fermé par un ruban rouge ou bleu ciel. Une veste en drap noir avec trois boutons complète le costume. Une touche de gaieté est donnée par le chapeau, qui est en feutre noir embelli par un bouquet de fleurs de couleurs vivaces.

Les femmes portent une robe en drap de couleur foncée, ornée de dentelles sur le corps, au bord des manches et sur le fond. Un tablier en satin de la même couleur de la robe sert aussi pou y nouer un foulard, qui se porte sur la tête seulement à l’occasion de quelques danses. Les épaules sont couvertes, en été, par un châle noir ou de la même couleur que la robe, et en hiver par une cape grise bordée de rouge. Quelques petits changements sont survenus au fil du temps : les couleurs (parce que le bordeaux et le noir se sont ajoutés par la suite) et même quelques éléments de la robe.

Adelina Comé – C’est une couturière d’Aoste qui nous a fait les costumes. Nous avons choisi des tissus de quatre couleurs différentes : vert foncé, bleu, gris et marron. Il y avait un jupon blanc que chacune de nous a dû payer (en ces temps-là il n’y avait pas beaucoup d’argent). Et nous avons payé le jupon, le tablier et le foulard.
Au début il y avait donc le jupon blanc avec des dentelles. Aujourd’hui il a été remplacé par un caleçon.

Depuis 2004, la charge de président a été relevée par Mme Susy Lillaz. On peut entrer dans le groupe dès l’âge de trois ans et aucune appartenance territoriale n’est requise. En effet, au fil des ans, ce sont les liens d’amitié qui ont modifié la composition de la Gaie Famille. Par exemple, actuellement, de nombreux membres viennent de la Combe-Froide.

Rudy Rivarivot – Le portes de la « Gaie Famille » sont ouvertes à tous et qui manifeste le désir de faire partie du groupe est le bienvenu. Nous n’avons pas de limites d’âge ni autres limitations quelconques. Qui veut participer peut le faire. A’ présent nous sommes cinq, six personnes qui font partie du groupe et qui viennent de la Combe-Froide. Je ne sais pas vraiment comment cette liaison a commencé, mais elle remonte a une période assez reculée. Peut-être que quelqu’un a commencé puis a entraîné ses amis ou parents. Là-haut il n’y a pas de groupes folkloriques et donc, si tu as envie de participer, tu es obligé de descendre en ville ou ici, à Charvensod. Dans la Vallée centrale les groupes folkloriques sont plus nombreux. Le folklore de la Combe-Froide tient surtout aux carnavals.

L’âge moyen des 22 composants actuels se situe autour des 30 ans : la plus âgée des jeunes femmes avoisine les 35 ans, tandis que le doyen en a 59. Les mariés ou les fiancés ne sont qu’une petite minorité.

Monica Cunéaz – Faire partie du groupe est contraignant : toute les semaines les répétitions et puis les nombreuses sorties. Si tu est fiancé ou marié cela devient un peu pénible. En principe  on abandonne le groupe après le mariage. Maintenant nous avons deux ou trois couples parmi nous, mais sur vingt personnes c’est une minorité ! Peut-être aussi parce qu’après les sorties on fait la fête et on se retire tard. Cela peut causer des problèmes dans une famille.

La Gaie Famille de Charvensod compte neuf danses à son répertoire. La majeure partie se danse par couples, mais il y a également une exception, la Danse de l’Étoile, qui a été chorégraphiée à une époque où le groupe comptait plus de femmes que d’hommes : trois garçons accompagnent six filles. La danse la plus caractéristique est toutefois la Tresse de Mamagran : une roue garnie de rubans rouges et noirs surmonte un pieu. Les danseurs les tressent pour symboliser les liens de l’existence.

Chaque dance est accompagnée du son de l’accordéon, de l’harmonica et du fléyé. C’est M. Pierino Salbego, actuellement président honoraire, qui a introduit le fléyé dans le groupe et qui peut nous raconter l’histoire de la transformation d’un outil de travail en instrument musical.

Pierino Salbego – L’instrument est né, à l’intérieur du groupe folklorique « La Clicca », en 1958. Je faisais partie de ce groupe et nous avons réfléchi sur la possibilité de l’utiliser. Un monsieur est venu et nous a fait une maquette. Puis un menuisier a élaboré cette maquette pour faire le « fléyé ». Il a été ainsi baptisé, parce qu’il ressemblait à l’outil anciennement utilisé pour battre le blé. On battait à deux, quatre ou huit personnes. Il était un peu différent, en fait deux morceaux de bois étaient attachés l’un à l’autre par une lanière en cuir. Un jeune homme, un jour, cassa la lanière et décida de battre une baguette sur l’autre. C’est la légende de la naissance du « fléyé » musical. Nous l’avons orné de rubans et de clochettes pour l’esthétique et aussi pour enrichir ses sonorités.

Pour bien apprendre à jouer le « fléyé », M. Salbego s’est entraîné des heures et des heures, mais le résultant est étonnant. Le voir jouer est un spectacle en soi.

La Gaie Famille de Charvensod est bien consciente du fait que la survie d’un groupe folkloriqe est étroitement liée à sa capacité d’attirer de nouveaux membres. Ils ont alors prédisposé un programme d’animation dans les écoles.

Nous avons maintenant terminé notre voyage parmi quelques groupes folkloriques valdôtains. Il y en a bien d’autres, mais nous avons présenté ceux qui adhérent à la fédération nommée Nos Racines, qui a été constituée avec des objectifs précis.

Pubblicato / aggiornato il 20/12/2020 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video