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Rien qu’une vache – Chez Ennio Pont: quand électricité rime avec lisier

Il est le premier en Vallée d’Aoste à se lancer dans une telle aventure. Ennio Pont, un agriculteur de Nus, a décidé de profiter de son exploitation agricole pour mettre en place une installation d’avant-garde dans laquelle il élève deux types d’animaux : les uns plus grands et bien visibles, c’est-à-dire les vaches, les autres très petits. Peut-être des lapins? Des poules? Pas du tout. Il s’agit d’une espèce si petite qu’elle n’est pas visible à l’oeil nu. Difficile à croire mais Monsieur Pont, dans son exploitation, possède des vaches pour la production du lait et des bactéries. Et oui, des bactéries, qui sont encore plus précieuses et productives que les vaches, parce qu’elles produisent du Biogaz à partir des déchets agricoles. Le biogaz est un mélange composé essentiellement de méthane et de gaz carbonique. C’est un produit du processus de fermentation anaérobie des matières organiques animales ou végétales, qui se déroule sous l’action de ces bactéries.

Ce processus est naturel. Il s’engage spontanément dans les centres de dépôts des déchets, mais on peut le provoquer artificiellement dans des enceintes appelées “digesteurs”, où l’on introduit à la fois les déchets organiques solides ou liquides et les cultures bactériennes. Cette technique de méthanisation volontaire peut s’appliquer aux ordures ménagères brutes ou aux déchets organiques industriels, ainsi qu’aux déchets de l’agriculture et de l’élevage comme fientes, lisier et fumier.

Ennio Pont connaît depuis longtemps la technique de production de biogaz

Et un beau jour, la décision d’appliquer l’installation de biogaz dans son exploitation.

Ce système de production d’énergie à partir du lisier, est une opportunité de reconversion et de développement pour les agriculteurs. Les installations de biogaz valorisent le potentiel énergétique des engrais de ferme et contribuent en même temps à résoudre les problèmes d’odeurs : le lisier méthanisé est olfactivement neutre ; il est mieux toléré par les plantes lorsqu’il est épandu sur les prés et les champs. Tout le processus de production de biogaz part de l’étable.

Avant tout le lisier doit être ramassé pour pouvoir ensuite parvenir dans le digesteur en vue de la méthanisation.

Dès le premier regard, cette étable paraît différente par rapport à celles que nous sommes habitués à voir en Vallée d’Aoste. Avant tout les vaches. Elles sont de la race Frisonne, prédisposées  aux conditions d’élevage industriel, notamment grâce aux mamelles adaptées à la traite mécanique. Elles ont ainsi envahi les exploitations de plusieurs pays, rendant ses robes noire et blanche aussi célèbres que les traits verticaux du zèbre. Ses mensurations sont bien connues : poitrail et mufle larges, membres robustes, tête courte, et – bien sûr – mamelle volumineuse. Efflanquées, avec des hanches saillantes, elles pèsent tout de même en moyenne 700 kg.

Seconde différence qui saute aux yeux dans cette étable: les vaches ne sont pas liées.

Vaches, bactéries, lait, biogaz : on se demande combien de personnes travaillent dans cette exploitation pour que la production fonctionne. Contrairement à ce que l’on pense, il n’y a pas une armée de travailleurs

L’attribution des fonctions dans l’exploitation agricole est bien distinguée

Pendant que Monsieur Pont s’occupe de l’élevage des vaches, son fils Mathieu prend son emploi dans l’élevage des bactéries. Les deux fonctions sont bien sûr liées. Avant tout il faut transporter le lisier dans un premier bassin

Une fois le lisier amené de l’étable au pré fosse il est mélangé avec d’autres déchets verts.

La matière parvient maintenant dans le cœur de la production énergétique : le bassin de fermentation. Ici certaines souches de bactéries produisent un gaz combustible lorsqu’elles digèrent de la biomasse dans ce milieu sans oxygène. Lorsque les bactéries digèrent la biomasse, dans le cas présent le fumier animal, ils produisent un biogaz principalement composé de méthane et de bioxyde de carbone.

L’énergie qui  chauffe les bassins est elle-même produite par du biogaz

On parvient ensuite dans un dernier bassin de stockage.

Du bassin de stockage on passe à un réservoir à gaz souple en matière synthétique, pour pouvoir ensuite être converti en courant électrique

Mathieu continue son travail en se dirigeant vers la salle du moteur pendant que son père s’occupe des vaches. C’est le moment du repas.

En parfaite harmonie avec le restant des opérations technologiques présentes dans l’exploitation, même la distribution du fourrage dans l’étable est mécanisée

Les portions alimentaires  administrées au bétail sont calculées de façon rationnelle

Avant d’arriver dans l’étable, le fourrage est bien sûr coupé et stocké, il y a toutefois quelque chose de bizarre dans les bottes de fourrages qui attire l’attention : elles sont bleu ciel! Aucun mystère, ce n’est pas du fourrage extra-terrestre, les bottes sont simplement emballées sous cellophane

En regardant les prés autour de l’étable, on observe une diversification de la coupe du fourrage

Le travail continue dans l’exploitation, monsieur Pont prépare la salle pour la traite, et son fils avance dans le contrôle de la partie technologique de production du Biogaz

Pistons, culasses et systèmes d’injections sont les protagonistes de cette salle  dans laquelle le moteur devient générateur de courant électrique

La méthanisation spontanée ou provoquée est donc avant tout un processus de dégradation des déchets organiques et participe de ce fait à la dépollution et à la protection de l’environnement. Cette technique de traitement des déchets et effluents polluants présente la caractéristique très particulière de produire de l’énergie au lieu d’en consommer. Le méthane produit est évidemment le même que celui du gaz naturel et il possède donc la même valeur technique et commerciale.

L’utilisation de l’énergie produite s’oriente dans le domaine domestique et non seulement

Au premier coup d’œil il est difficile de comprendre l’utilisation des différents appareils technologiques présents. Touches lumineuses, indicateurs et lampes témoins rendent ce tableau de contrôle plus similaire à un vaisseau spatial plutôt qu’à un appareil nécessaire dans une exploitation agricole.

La technologie quelque fois avance plus vite que l’imagination.  Il parait impossible qu’un simple tableau de contrôle puisse donner un tel nombre d’informations, comme s’il fût doué d’une intelligence propre

Le travail continue, Monsieur Pont s’occupe directement de la traite, tandis que son fils Mathieu s’en occupe lui aussi, mais à distance, dans une autre pièce, et en utilisant… un ordinateur

Les vaches ont mangé, elles ont été traitées, les bactéries ont fait leur travail en produisant le biogaz et le moteur a roulé en créant de l’énergie électrique. Pour monsieur Pont c’est le moment de faire un petit tour d’un autre côté de l’exploitation. Il ne s’agit ni du fenil ni de l’étable, mais de la salle de conférence

Les visites guidées font partie du travail depuis longtemps dans l’exploitation de Nus

L’intérêt pour ce processus de production d’énergie renouvelable est bien visible. La recherche pour faire progresser la technologie de la digestion anaérobie est en cours depuis de nombreuses années. Elle a conduit à la création de plusieurs systèmes brevetés, offrant une variété d’avantages quant à l’efficacité et à la capacité du système, aux coûts d’immobilisations, à la souplesse du traitement, à la stabilité du procédé et aux coûts d’exploitation. La recherche sur la digestion anaérobie se poursuit en  écrivant un nouveau chapitre dans le domaine de l’énergie dans lequel électricité rime avec lisier.

Pubblicato / aggiornato il 25/01/2021 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video