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Rien qu’une vache – Photographie appliquée au combat des reines

Si le chien est le meilleur ami de l’homme, la vache est la meilleure amie du photographe. En tout cas, il suffit d’effleurer du regard ces beautés naturelles aux couleurs roux et charbon, pour s’en convaincre. Les textes, poétiques, humoristiques ou nostalgiques, sont venus des quatre coins du monde en révélant l’élégance, la beauté et la palette, infinie, des expressions d’un animal si familier. Douce et tranquille, la vache a toujours suscité la sympathie des hommes, jusqu’à envahir tous les domaines, de la publicité à la chanson en passant par la bande dessinée et la mode, et bien sûr la photographie. A’ priori rien ne prédisposait cet énorme mammifère à devenir le sujet privilégié et l’obsession numéro un de plusieurs photographes. Quel est donc le secret de cette lumineuse approche ? Le regard porté sur un environnement naturel, brut, et sans compromis. Des animaux qui les habitent et y trônent dans une sérénité totale, et qui imposent, par leur seule stature et leur physionomie inévitable, un respect et une gratitude des hommes. Des animaux crottés mais majestueux, impassibles mais observateurs, et qui se contentent de brouter l’herbe sous leurs pieds.

Elles sont curieuses, généreuses, gaies, timides.

 Combatives aussi.

 … et quand la lutte éclate, au bord de l’arène, accroupis au sol, les yeux collés à l’objectif, les photographes des combats sont témoins d’une exploration esthétique et poétique en capturant les images des Reines.

Et si dans l’arène le regard est capturé  par les vaches, pour une fois, on veut détacher l’attention  des célèbres ruminants pour observer eux : les photographes.

Graziella Benato est un visage connu par les éleveurs, elle a été la photographe officielle des batailles en Vallée d’Aoste pendant 25 ans.

Passionné d’animaux et de nature, Luciano Ramires est aussi un photographe qu’on peut remarquer aux différents combats de Reines. Concentré sur son appareil, il donne quelques fois l’impression de se demander ce qui se passe dans la tête de ces animaux 

Attiré par des sujets qui le rapprochent de l’univers montagnard, de ses cultures, de ses habitants, Peter Charaf, parisien émigré à Verbier, cherche dans son travail des sujet sportifs et culturels. En travaillant sur les combats de Reines, en Suisse, il envisage son travail sous un angle plus artistique que journalistique. Depuis toujours, Peter cherche une relation physique avec l’environnement et un rapport avec la nature, notamment en contact avec ses amis

L’œil  dans l’objectif, si on s’arrête un instant et on observe, on voit dans la grande arène se détacher la robe fauve ou noire des reines, avec leurs jolies franges de frisure entre les cornes en forme de lyre. Ivoire à la base et noires vers leurs pointes acérées comme leur caractère. On voit des festons de velours courts sur les cous élancés jusqu’aux épaules, des têtes en triangle, souvent mouchetées au milieu du front d’un toupet de poil blanc qui donne un petit air effronté Les oreilles virevoltantes toujours aux aguets, les museaux mouillés, fumants, et puis les pattes aux onglons blancs et noirs, ces pattes qui donnent le rythme à l’avant propos du combat en  creusant le sol d’un air menaçant.

Le combat des reines  fascine. Tout spectateur imprime dans le souvenir ces images, quant aux photographes, ils les reportent dans leurs pellicules, tout en  gardant dans l’esprit le jour où ils ont commencé.

La photo n’est que l’aboutissement d’un processus de communion avec l’environnement, la partie émergée de l’Iceberg. Et lorsqu’on voyage pour des reportages, la nature et les hommes ont le premier rôle, ainsi que l’ambiance populaire qui caractérise les combats. Mais si le carrefour du témoignage sur la vie secrète de la nature est bien connu à travers documentaires, journaux, photographies; moins connue est la motivation qui porte  à  choisir comme sujet les vaches.

Pour Luciano Ramires, la comparaison peut se faire entre  la nature sauvage et celle plus domestique, car souvent son objectif tombe sur cerfs et bouquetins, et les différences sont évidentes

C’est la vache, qui règne en maître dans les arènes du Val d’Aoste, et c’est la vache qui gouverne le troupeau à sa guise, et c’est toujours elle pour qui certains continuent de pères en fils à perpétuer la tradition des combats, et pour qui tout une vallée organise des manifestations en son honneur chaque année, et pour laquelle les photographes se passionnent.

Et la passion, on ignore pourquoi, est contagieuse, et d’une quelque façon, elle se transmet à autrui.

Tension, suspense, émotion: les combat des vaches offrent un spectacle saisissant L’aptitude au combat fait partie intégrante du patrimoine génétique de la reine, cela lui confère un tempérament extrêmement vif et belliqueux profondément ancré.  Pendant le combat on peut observer un rituel de dominance exacerbée qui donne la base à l’organisation du troupeau. Dans ce contexte, douceur, tranquillité et mansuétude des vaches laissent la place à combativité, orgueil et rage des reines. Le photographe, qui souvent est placé dans l’arène, doit adopter quelques précautions.

Attentifs aux plus petits mouvements, le souffle coupé par l’émotion, les éleveurs suivent leurs reines de très près. La joie pour la victoire quelque fois éclate, la déception pour une perte décourage et rend l’atmosphère lourde. Dans ce cadre, quand les émotions se mélangent, le public participe aux différents sentiments tranquillement assis sur les tribunes, mais les photographes sont plongés dans l’ambiance des éleveurs

Le combat continue, et pour en restituer la majesté dans une photo, connaissances techniques et inspiration s’imbriquent intimement. Mais si tout animal sauvage doit être suivi en cachette, on a l’impression que la vache soit plus facile à immortaliser. La question est la suivante: les reines aiment-elles se faire photographier?

Les opinions sont différentes, mais la tête haute, le regard orgueilleux, le pas fier, font bien penser que les reines savent quand c’est le moment de la photo. De toute façon, que se soit avec la conscience que la vache comprend, ou avec la conviction qu’elle ne comprend pas, le photographe doit continuer son travail. A’ propos, oui, travail. Jusqu’à présent on a parlé de passion, d’amour pour la nature, mais il y a un moment où le hobby devient occupation.

Un travail par définition doit prévoir un salaire, les photographies des combats des reines sont-elles rémunératrices ?

Le photographe adresse une véritable déclaration d’amour à la reine des prés, à la reine de l’arène. Mais pour tout photographe naturaliste, la vraie photo, la photo idéale, reste souvent un  précieux objectif à atteindre.

Pubblicato / aggiornato il 01/02/2021 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video