Rien qu’une vache – La Foire de Saint-Ours était le moment idéal pour s’approvisionner en matériel et outils agricoles
Si on dit les dates “30 et 31 janvier”, tout le monde pense à une chose seulement : la Foire de Saint-Ours. Elle ‘est pas millénaire pour rien : elle est enracinée dans l’esprit et dans le cœur des valdôtains. On ne peut dater son origine avec certitude, mais il est indiscutable qu’elle avait un caractère agricole. Des documents historiques en témoignent, mais la logique également: au Moyen Age, l’économie valdôtaine se basait sur la culture et l’élevage; les différentes conditions climatiques faisaient de la fin janvier l’antichambre du printemps, après la halte hivernale. Inévitable alors que les agriculteurs et les éleveurs eussent la nécessité de s’approvisionner en matériel et outils utiles aux travaux agricoles. De quoi s’agissait-il? On peut imaginer des échelles, des tonneaux, des râteaux, des paniers, des pioches, des faucilles, des sceaux… bref, tout ce qu’il fallait pour effectuer les travaux du printemps, de l’été et de l’hiver. Autre considération à faire: avant l’industrialisation et la mécanisation, tous ces objets étaient évidemment faits à la main.
Au fil du temps, la Foire de Saint-Ours a progressivement modifié sa finalité et sa nature: à partir du 18ème siècle, les objets d’artisanat artistiques, comme on pourrait les définir, ont fait progressivement leur apparition et, relativement en peu de temps, ils se sont imposés sur les outils agricoles. Et voilà qu’aujourd’hui une panoplie d’artisans divers et travaillant des matériaux variés se présentent aux visiteurs de la Foire.
Toutefois le passé n’a pas été effacé: la Saint-Ours a toujours un peu conservé de son caractère agricole originel et elle expose des outils. La modernisation a sa place, avec les grands engins et les motofaucheuses, mais la manualité maintient sa place.
Voilà alors notre sujet d’aujourd’hui: que subsiste-t-il de la tradition agricole de la Saint-Ours et dans quelle mesure? Qui sont les artisans qui perpétuent encore de nos jours le savoir-faire d’antan? Que fabriquent-ils ? Et qui sont leurs clients?
Un art et une passion issus d’une longue tradition familiale ? Pas toujours.
Autrefois tous les outils et objets, servant aux agriculteurs, étaient fabriqués entièrement à la main et à partir de matériel que Dame Nature gracieusement offrait sur place. Mais le choix de la matière première doit répondre à des critères spécifiques, selon qu’il s’agisse d’un tonneau plutôt que d’un panier ou un râteau, voire subir quelques traitements préalables.
Bien, maintenant que nous avons notre matériel, que doit-on en faire?
Comme on a pu le constater, matériel et techniques n’ont pas subi de grosses variations par rapport au passé, à peine quelques retouches peut-être ça et là, on respire donc encore la pleine tradition. Charme et suggestivité des portes prétoriennes aidant, il ne manquerait que les costumes d’époques pour se croire en plein moyen-âge.
Mais cessons de rêver et revenons au 21ème siècle.
Les temps changent, la société suit le pas et le marché se transforme. Qu’en est-il alors de la clientèle aujourd’hui? Qui fait encore ses emplettes auprès de nos artisans?
Et la Foire est-elle restée pour ces artisans la seule occasion de faire connaître et vendre leurs produits ou bien ont-ils exploité d’autres solutions?
Les outils et le matériel pour l’agriculture avaient autrefois une utilité bien spécifique. Cette utilité trouve-t-elle encore son reflet à l’époque actuelle ou bien la fonction esthétique l’a-t-elle supplantée?
Toutefois l’esthétisme a pris une part importante, au point que certains objets ont été modifiés selon les requêtes du marché, surtout en ce qui concerne leur taille. Pur goût de ce qui est beau et ornemental ? Pas seulement. En fait, certains ustensiles ont conservé leur caractère utilitaire tout en étant décoratifs. C’est simplement l’usage qu’on en fait qui a changé. On pourrait appeler cela joindre l’utile à l’agréable.
L’imagination étant le propre de l’homme, de curieuses idées, assez inattendues même, germent parfois dans son esprit et un simple outil agricole peut revêtir un usage aussi original que sympathique et amusant.
Considération finale : tous les artisans que nous avons rencontrés ont leurs années. On pourrait penser que, tôt ou tard, la relève viendra à manquer, mais ce serait une erreur : il y a des jeunes qui se passionnent pour ces productions et se préparent à occuper toujours l’emplacement des Portes Prétoriennes.
Pubblicato / aggiornato
il 15/11/2021 alle 20:30
Visualizzato volte
Categoria:
Cultura / Video