Rien qu’une vache – Un agriculteur avec la licence en économie
L’économie, appartenant au domaine des sciences humaines, comme la fiscalité et la comptabilité, semblerait – au premier impact – être très loin de l’agriculture. L’une suit les règles de la logique ; l’autre est soumise à la forte variabilité des éléments les plus différents de la nature. C’est alors peut-être cette sorte de méconnaissance de l’agriculture comme activité qui doit être rentable qui produit une administration des exploitations où les frais augmentent en mesure pas facilement prévisible, mais presque toujours aléatoire. C’est justement pour cette raison que les études des experts de l’économie et de la comptabilité, coude à coude avec ceux de la zootechnie, peuvent aider les agriculteurs à bien gérer les exploitations : ces experts pouvant conseiller les moyens pour mieux se développer et s’adapter au territoire valdôtain.
Au cours de notre émission de ce soir, les vaches vont alors laisser un peu de place aux chiffres, puisque leurs maîtres, aujourd’hui, ne peuvent plus se limiter qu’à ne tout savoir que d’elles : ils doivent aussi s’y connaître en comptabilité et fiscalité !
Il leur faudrait presque une licence, vu les paramètres à considérer sont en effet nombreux, mais c’est seulement l’analyse profonde et le monitorage continuel de l’économie, de la société et de la durabilité environnementale des exploitations qui peut mener l’agriculture au progrès.
Carlo Francesia – L’économie quand même c’est un domaine qui a un caractère prédictif, c’est à dire qui peur orienter les choix de l’exploitation agricole par rapport au futur. On parle de business plan et de la vente des produits, c’est à dire de la vente des produits dans le marché local et international.
La durabilité économique de l’exploitation agricole est primordiale dans sa vie. Les études démontrent qu’il doit exister un certain rapport entre la dimension de la surface exploitée et les membres de l’exploitation même. Mais le territoire de notre région ne peut pas être raconté seulement par des chiffres ou n’être soumis qu’à des règles mathématiques. Dans une réalité fort accidentée comme la nôtre on doit nécessairement faire des considérations à des niveaux différents, en analysant un système socio-économique complexe qui roule autour de l’agriculture et qui réalise des performances mesurables par paramètres qui sont durement enracinées et serrées au tissu régional. C’est le cas de la vente de produits typiques, du marché des machines agricoles et du tourisme. En fait on a presque l’impression que l’agriculture soit le meilleur moyen de garder et gérer un territoire vert.
Carlo Francesia – On a beaucoup de problèmes par rapport à certains types d’exploitations, surtout les plus petites ont des grands problèmes de rentabilité. C’est à dire que une exploitation au dessous de 5 ou 10 hectares est trop souvent pas rentable en termes économiques. La question c’est que ces types d’exploitations sont très importants pour l’environnement car normalement ces petites exploitations gérées par des anciens gèrent des terrains qui seraient autrement abandonnés.
Du point de vue fiscal, les agriculteurs ont une comptabilité spéciale, simplifiée mais quand même complexe. Ils ont, par exemple, le devoir de la facturation et des registres des rétributions pour les services rendus. En ce qui concerne les impôts directs, le revenu individuel est calculé à forfait, mais avec une limite. Ça veut dire que, si l’agriculteur, avec des activités parallèles, indispensables pour avoir des revenus suffisants, dépasse la limite prévue, il est tout de suite catapulté dans une deuxième comptabilité d’entreprise – très compliquée – qui nécessite inévitablement l’aide d’un expert comptable.
Davide Ferré – Per quanto riguarda il regime IVA dell’impresa agricola, va detto che l’imprenditore agricolo è obbligato ad emettere la fattura, è obbligato a tenereil registro dei corrispettivi, ossia quel registro sul quale vengono segnate tutte le vendite fatte a prvati consumatori e se è nel regime ordinario e non in quello speciale, perchè l’imprenditore agricolo può rinunciare a quello speciale, dunque se è inquello ordinario deve fare anche gli scontrini e le ricevute fiscali.
Si on analyse l’évolution de la stratification du tissu social de la population par rapport aux secteurs d’emploi, il est facile de constater que l’agriculture est en train de perdre du terrain, dans tous les sens. Aujourd’hui, et surtout en Vallée d’Aoste, le secteur du tertiaire attire la plupart des travailleurs pour des raisons bien évidentes. Surtout les jeunes, désormais accoutumés à des modes de vie bien différents par rapport aux anciens, sont très récalcitrants aux difficultés, aux faibles revenus et aux petites heures du monde agricole. Mais comme c’est vrai qu’on ne peut pas transformer la cabine d’un tracteur en cabinet, c’est aussi vrai qu’on doit chercher de rendre le travail de l’agriculture le moins pénible possible pour attirer la main d’œuvre.
Gabriele Viérin – Si tu as de passion tu peux faire ce métier mais quand même tu dois regarder aussi un peu tout parce que dans ce secteur tu n’as pas de vacance, tu dois travailler le jour de noël, le jour de Pâques, le 15 août. Elles sont toutes des journées que les autres personnes, les employés, ils sont en vacances, mais nous, les éleveurs ou agriculteurs, ça on ne peut pas.
Carlo Francesia – Ici on est dans une exploitation très valide, au sein de l’institut agricole, c’est à dire que un jeune peu travailler très bien dans une exploitation qui est bien mécanisée, qui est bien géré, qui donne tous les moyens pour travailler de façon positive. On a vu que la charge de main d’œuvre des exploitations agricoles valdotaines moyennes, disons, est très haute car deux personnes, marie et sa femme, normalement travaillent pour trois personnes, si on conte toutes les heures de travail qu’ils font, et même plus des fois. Ce n’est pas durable, ce n’est pas durable pour un jeune qui, je ne dis pas qui doit faire des vacances toutes les années, mais qui veut gérer une famille, qui a plusieurs besoins différents par rapport à l’agriculture.
Évidemment, en 2008, l’exploitation de l’agriculture est devenue bien plus complexe qu’aux temps passés. Aujourd’hui les agriculteurs bénéficient certainement des améliorations de la vie ; tout est plus simple, même en montagne, mais avec des coûts plus élevés. On a fait beaucoup pour aider les gens à travailler des surfaces qu’ il n’y a pas si longtemps encore, on ne pouvait même pas cultiver, sinon à l’aide d’une dizaine de personnes. Aujourd’hui ça suffit un tracteur, mais évidemment ça coûte davantage.
Davide Ferré – L’azienda tipica valdostana è una azienda che opera nel settore zootecnico. Si sta assistendo in questi ultimi anni a una concentrazione di piccole aziende in società di persone, in società semplici. Diciamo che questa scelta è dettata un po’ dal mercato, perchè con aziende piccole i costi hanno una incidenza troppo elevata, e poi perchè tramite il sostegno dato dalla regione e dalla comunità europea per l’insediamento dei giovani agricoltori, si sta assistendo a un passaggio generazionale delle aziende da il nonno al nipote e dallo zio al nipote e in questo caso il giovane agricoltore anche grazie ai contributi riesce a riorganizzare meglio la propria azienda anche con attrezzature nuove
Les progrès de la science dans les différents domaines ne marchent pas toujours au même niveau de la société. C’est à cause de cette situation que souvent les institutions doivent gérer des situations difficiles sous le profil environnemental, comme c’est le cas du Val d’Aoste. Ici la majeure partie du territoire est montagneuse, alors difficilement accessible soit aux agriculteurs soit à tout autre type d’activité. Voilà la raison pour laquelle l’agriculture est considérée comme le meilleur moyen de gestion d’un terrain si difficile et pour cette raison méritoire de l’intervention publique.
Carlo Francesia – La durabilité environnementale est fondamentale, comme je disais, dans un domaine très délicat comme celui de la montagne valdotaine. On ne veut pas des exploitations qui soient très rentable à niveau économique, mais qui polluent le territoire. Le territoire a des contraintes, a un climat très particulier, a une capacité productive très définie. Il faut déjà dire que la race valdotaine, les vaches de race valdotaine sont déjà prêtes à ça. Elles en pâturant et en ayant une conformation idéale permettent de gérer au mieux les ressources, entre guillemets, limitées qu’un milieu montagnard comme le notre permet.
La situation est devenue alors très complexe. D’un côté l’amélioration des conditions de vie de la population a déterminé le dépeuplement des campagnes et l’abandon des anciens métiers, sûrement plus durs. De l’autre coté on a assisté à la hausse de la demande de biens agricoles ou de l’élevage. Heureusement le Val d’Aoste est inséré dans un cadre culturel qui facilite l’exploitation agricole. Ce n’est pas difficile de trouver des gens qui ont une véritable passion pour les bêtes ou pour la campagne, mais parfois la passion ne suffit pas.
Davide Ferré – Dunque se vogliamo fare un ragionamento di percentuali di entrate che ha un’azienda tipo valdostana, mi sento di dire che siamo ha un buon 50 per cento entrate che derivano da contributi sia regionali che comunitari mentre l’azienda tipo ha un 50 per cento di entrate che derivano dalla vendita dei propri prodotti agricoli e l’incidenza delle spese è più elevata del 50 per cento del volume delle entrate, dunque i contributi servono per coprire le spese. Tanto è vero che in questi ultimi due anni dove si è assistito a un ritardo al pagamento dei contributi degli agricoltori, io ho visto in banca, perchè sono anche consigliere di una banca locale, ho visto molti agricoltori chiedere degli scoperti di conto corrente o degli anticipi fino a quando non fossero incassati i contributi. Dunque è una prova tangibile che il contributo serve per far fronte alla vita quaotidiana delle aziende agricole.
Carlo Francesia – Le problème du faible revenu net des exploitations agricoles est du en partie au lait qui n’est pas très bien valorisé par le système de production de la fontine ou du lait frais, mais à mon avis le plus grand problème c’est, et à notre avis, depuis les recherches qu’on a fait, qui manque totalement la valorisation de la viande.
C’est encore là une science, les mathématiques, qui nous signale des criticités. Évidemment nous sommes arrivés à un point où la durabilité n’est plus garantie, mais parfois c’est la nature qui nous donne des solutions ou des motifs de réflexion. Les études ont démontré que les vaches valdôtaines ont une double attitude, soit pour le lait soit pour la viande. Cela signifie que la viande est de bonne qualité et qu’elle a les caractéristiques biologiques nécessaires pour être commercialisée dans la filière de la vente. Mais, actuellement, la viande n’est pas encore considérée une ressource au même niveau que le lait.
Carlo Francesia – Les différences entre les deux types d’exploitation sont très fortes. Premièrement l’alimentation pour l’engraissement est basée sur les céréales et ici en Vallée d’Aoste on ne produit pas encore des céréales, mais c’est une hypothèse de travail. Dernièrement la formation d’un éleveur, être producteur laitier n’est pas être producteur de viande. C’est à dire que le finissage de la viande et l’accroissement du veau doivent être très bien gérés par un professionniste.
Ce n’est pas terminé : il y a encore tous les problèmes liés à l’hygiène et aux abattoirs. La vache folle nous rappelle tristement que l’exploitation de la viande ne peut pas être gérée par des amateurs. Évidemment le problème principal se pose au niveau de la formation et surtout de la gestion des ressources et des coûts.
Carlo Francesia – En plus il faut penser que tous les problèmes à niveau de prix qu’on a sur le pétrole, sur tous les moyens de production peuvent faire en sorte que ici, en Vallée d’Aoste, une filière viande peut commencer. Nous avons dans la Vallée trois exemples très positifs, trois coopératives viandes qui malheureusement ne sont pas proponues, une à La Salle, une à Pollein, une à Chatillon qui travaillent sur une filière très courte, sur un marché local qui est très apprécié par les locaux avec des prix concurrentiels avec les autres et surtout une origine des produits bien définie.
Dans les conditions actuelles, c’est très difficile que la Vallée d’Aoste puisse être concurrentielle avec les territoires de la plaine où, par les caractéristiques favorables du territoire, l’élevage des bêtes peut être presque totalement mécanisé, en réalisant des économies considérables et en obtenant de meilleurs prix. Cela signifie que la Vallée d’Aoste doit s’ingénier dans la direction de la qualité et l’innovation.
Carlo Francesia – Il faudra prendre en conte la possibilité de mieux valoriser la viande. Des essais ont été faits ici à l’institut agricole et aussi à Verrès par l’association régional des éleveurs valdotains et tous ces essais ont démontré que la viande valdotaine a des caractéristiques très précises mais très positives. On ne peut pas se confronter aux grandes races internationales de viande, qui produisent de viande car c’est désormais des siècles que ces races ont été prédisposées, ont été sélectionnées. La race valdotaine peut produire une viande très bonne. Les veaux permettent des accroissements très important vis à vis de leur alimentation et je crois que on pourrait mettre sur pied un système d’une cinquantaine d’exploitations qui engraissent des taureaux pour entrer dans un marché qui est très prometteur quand même.
Augusto Chatel – De grand niveau peut être vérifié dans le moment où effectivement on est arrivé à mieux valoriser la viande. Dès que le consommateur a reconnu que notre viande peut être payée plus chère par rapport à une autre viande parce que il faut dire aussi qu’il y a toutes des caractéristiques par exemple le fait que notre viande est produite avec des animaux qui ne sont pas suralimentés etc., donc il y a des caractéristiques du point de vue de la santé aussi de la personne parce qu’ils sont des viandes produites dans des conditions plus soutenables du point de vue du territoire et même en général pour le bien être de l’animal etc.
Malheureusement c’est vrai qu’en montagne tout est plus difficile. Pour l’exploitation de la viande des vaches valdôtaines on a vu qu’il y a des problèmes au niveau de l’alimentation (car on ne produit pas assez de céréales) et des problèmes économiques (puisque la géographie du territoire n’aide pas). Heureusement les études de l’Institut agricole régional démontrent qu’elle est bonne.
Augusto Chatel – Effectivement on a vu que la viande de race valdotaine donc de production valdotaine se différencie par rapport à la production de plaine des autres races par le fait qui a du point de vue des caractéristiques organoleptiques, disons qu’elle est meilleure et plus appréciée par le consommateur par rapport à la viande obtenue dans les élevages spécialisés de la plaine. Donc ça c’est sûrement un atout qui faudrait en quelque sorte valoriser, communiquer aux consommateurs.
Du côté législatif, les dispositions et les lois en matière de contributions démontrent l’engagement de l’Administration régionale, de l’Union Européenne et de l’État italien. En effet, avec la « loi sur la montagne » de 1994, les exploitants agricoles peuvent acheter des terrains, échanger des prestations de service entre associés ou se mettre au service d’autres entrepreneurs en régime fiscal facilité
Davide Ferré – Inoltre un altro incentivo è quello di agevolare gli agricoltori che vogliono vendere direttamente il proprio prodotto al consumatore finale, non devono avere tutti irequisiti richiesti dai commercianti ma è sufficiente che questi agricoltori presentino presso il proprio comune, dove ha sede l’azienda agricola una comunicazione con la quale si dice che intendono iniziare questa attività e trascorsi i trenta giorni da questa comunicazione c’è il silenzio assenso e l’imprenditore agricolo può incominciare a vendere in azienda il prodotto agricolo direttamente al consumatore finale. Questo è un buon incentivo perchè ci sono aziende che si trovano in luoghi strtegici dal punto di vista del turismo e permette loro di fare della vendita al minuto ai turisti di vuoi un pezzo di fontina, vuoi un panetto di burro, ecco questo è un buon incentivo.
Où que l’on regarde, la réponse qui sort est alors de différencier les activités, soit au niveau des produits qu’au niveau des systèmes de production et de vente. Innover et proposer une formation moderne, toujours au point avec les derniers progrès en matière d’exploitation du sol et des bêtes, est fondamental. Le rôle de l’institution publique est alors très important dans tous ces domaines. Elle ne doit pas quitter le chemin des amortisseurs sociaux prévus par les lois en les améliorant dans le sens de l’efficacité. Mais surtout aujourd’hui, l’agriculteur ne peut rester figé et doit toujours plus s’habituer à gérer l’exploitation agricole avec un portefeuille financier, où les risques sont amortis par la différenciation des activés et les revenus arrivent en mesures différentes et en périodes différentes.
Gabriele Viérin – On a fait des… On cherche toutes les années de faire des innovations pour chercher de gagner un peu de plus d’argent. On a fait des innovations et maintenant nous vendons le lait cru dans un distributeur automatique. Quand même pour l’année prochaine on cherchera de faire d’autres innovations parce que on doit chercher de faire des innovations parce que avec notre produit on ne gagne pas beaucoup.
Carlo Francesia – Au point de vue de la formation des adultes ça aussi est très important car nous sommes en train de gérer beaucoup de courses pour ce qui concerne la formation continue des adultes dans différents domaines. Dans le domaine de la viticulture, dans le domaine du vert publique et aussi dans le domaine de la zootechnie. Ca c’est très important parce que les contraintes que sont présentes à niveau de 2008 vis à vis de l’hygiène, vis à vis de la tracabilité des produits vis à vis des contributions publiques et de la technique aussi imposent aux agriculteurs d’être toujours au point de leur technique et de leurs moyens. Aussi on peut tranquillement parler du point de vue économique, car lorsque on ne gagne plus trop d’argent on est obligé de mettre à place ces moyens, mettre à place ces exploitations et seulement l’innovation technique peut permettre ça.
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il 09/05/2022 alle 20:30
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Cultura / Video