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Rien qu’une vache – Alpages ouverts

C’est à l’alpage, patrimoine naturel et collectif de notre région, qu’on connaît la vie de montagne des éleveurs.  C’est par ce lieu devenu symbole qu’on affirme la volonté de défendre et renforcer les activités agricoles, pastorales et forestières des zones alpines. C’est par ce symbole qu’on rappelle la prééminence et l’antériorité de ces activités dans ces lieux, illustrées par les hommes et les femmes qui y travaillent, sans oublier la culture, les techniques et les produits qu’elles génèrent. « Alpages ouverts » – manifestation organisée, chaque été, depuis longtemps, par l’Association régionale des éleveurs valdôtains –  se donne alors pour mission de favoriser et développer la formation et l’échange d’expériences et de techniques entre bergers sur plusieurs thèmes : pâturages, troupeaux, produits, fonds et bâtiments, aménagements sylvo-pastoraux, innovations techniques. De nos jours, les activités à l’alpage se sont multipliées et on commence à parler de mise en valeur des produits de l’agropastoralisme comme emblème du savoir-faire et de la qualité des terroirs de montagne : avec leurs activités économiques, leur patrimoine naturel, humain et culturel.

Les alpages sont en effet une particularité des sociétés de montagne, un pacte ancestral qui unit, depuis la nuit des temps, l’homme, la nature et les animaux. Arrachés à la nature par les hommes, les alpages et les pratiques agro-pastorales sont empreints d’une forte naturalité et, dans notre région, ils viennent de constituer des espaces productifs de qualité au sein d’un environnement paysager fort privilégié. Ils constituent un patrimoine naturel riche et diversifié d’immenses terrains de loisirs, un potentiel de pluriactivités et de ressourcement exploitable toute l’année, aussi bien en été qu’en hiver, encore plus d’actualité aujourd’hui pour une société qui, même dans les Alpes, se fait de plus en plus urbaine.

Une ancienne bergerie caractéristique de la vallée de Cogne, désormais devenue un nouveau centre d’interprétation des cultures pastorales, véritable lieu d’échanges, de réflexions, de propositions et d’actions sur tout ce qui concerne la transhumance et ce qui relève, d’une façon générale, du domaine pastoral dans les Alpes. Un élevage et une fromagerie qui constituent un centre de ressources et même de formation. Mais surtout un point de vente et une vitrine pour faire connaître et reconnaître le métier de berger et son rôle dans les sociétés et les espaces montagnards.

A mi-chemin entre tourisme, culture, environnement et économie, les maisons des bergers deviennent occasionnellement « Alpages ouverts », un véritable atout pour la profession et les acteurs de la montagne. Un laboratoire où les touristes peuvent se mêler aux gens de montagne, soutenus par des techniciens qui les accompagnent pendant toute la visite aux alpages se transformant en véritables cicérones d’un jour.

Évidemment le moment crucial da la journée pour les visiteurs c’est la dégustation des produits, mais le but de la manifestation va bien au-delà et, pour que les gens comprennent bien la conception du rendez-vous, la connaissance des aspects techniques  devient fondamentale pour soutenir la qualité du produit.

Si on croit toutefois que la dimension de « Alpages ouverts » soit exclusivement régionale, on commet une faute énorme. Notre région s’insère culturellement à l’intérieur d’une région transfrontalière alpine bien plus vaste, presque une nation comprise au milieu de trois États (l’Italie, la France et la Suisse) qui collaborent en vue de la solution de situations et problèmes communs. L’environnement des Alpes et les modes d’exploitation de cet incroyable et riche milieu font alors partie d’un projet interregg. En fait les techniciens des associations avoisinantes travaillent ensemble à la recherche d’innovations.

Voilà ainsi dévoilé le futur : le développement de l’accueil. Aujourd’hui le système de la vente directe des produits aux alpages commence à devenir réalité et la Vallée d’Aoste est un véritable laboratoire en la matière. Mais « Alpages ouverts » est déjà en train de regarder au-delà de ce premier succès des alpagistes. Les éleveurs et les membres des associations des éleveurs de Savoie, Valais et Vallée d’Aoste veulent davantage : transformer le travail de l’alpage en ressource pour la création d’un nouveau type de tourisme et de commerce. C’est la pluriactivité qui semble être la réponse à la recherche d’innovation dans le secteur élevage, montagne, tourisme de la région transfrontalière des Alpes.

Dans les années 2000, même en montagne les choses ont beaucoup changé par rapport au passé. Avec les améliorations techniques, le niveau de la vie s’est nettement élevé, dans les alpages aussi. Il y a quelques années, les conditions n’auraient pas permis le développement d’un programme tel que « Alpages ouverts ». Autrefois on montait en montagne pour survivre, aujourd’hui on peut le faire pour vivre mieux que dans la plaine.

Une journée de « Alpages ouverts »  commence par la promenade jusqu’à l’étable. Suivent les explications techniques et les démonstrations. Puis vient le moment le plus attendu par la majorité des visiteurs, celui de la dégustation. Voilà les fromages, la brossa et le lait : allez, tout le monde à table !

Parmi les organisateurs (non seulement l’Arev et l’alpagiste, mais tous les organismes locaux qui peuvent contribuer à la bonne réussite) la collaboration est totale. Voilà alors que les syndicats d’initiative, les communes, les administrations communales mettent à disposition le personnel et les structures pour réussir et, pourquoi pas, pour faire une bonne polenta. Évidemment cette collaboration est fondamentale pour « Alpages ouverts », sans celle-ci ces journées en montagne seraient impossibles.

Même si l’intérêt des gens se tourne surtout vers les produits offerts par l’alpage, les organisateurs regardent à une finalité qui va au-delà de la journée de la manifestation. Comme on l’a déjà dit, on est à la recherche d’une nouvelle formule pour des territoires en quelque sorte encore trop reliés aux limites de la normale offre gastrotouristique de la Vallée d’Aoste.

C’est dans ces maisons de montagne, dans un espace pastoral réputé où vaches, brebis, chèvres et même chevaux passent l’été, que des hommes et des femmes hébergent des objets, des témoignages, des activités, un centre de ressources pour réfléchir et découvrir la tradition, le travail et la nature, un centre où on peut se demander ce que ça veut dire être éleveur aujourd’hui.

Les partenaires de « Alpages ouverts » sont déjà bien engagés dans la communication en participant régulièrement aux rencontres fixées par le réseau des nations alpines et en s’informant mutuellement de leurs actions, en favorisant les nouvelles technologies de l’information. La structure doit aussi mettre en œuvre les moyens nécessaires à la réalisation des rendez-vous définis et au soutien logistique des manifestations. Evidemment promouvoir ce réseau face à des tiers et faire connaître les actions conduites n’est pas facile. Indispensable alors de chercher toujours des ressources nouvelles pour sortir des limites de la nation alpine et pour se faire connaître davantage dans les plaines. 

Les familles engagées par « Alpages ouverts » ne continuent pas seulement l’activité commencée par leurs parents. Ces gens avec la montagne dans le sang, désormais capables et conscients de fournir des produits de qualité excellente, toujours avec un œil à la tradition, veulent transmettre un message très clair : ils sont bien déterminés à donner une empreinte de nouveauté à la montagne, au travail des jeunes bergers et à l’offre touristique de notre région.

Pubblicato / aggiornato il 20/06/2022 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video