Rien qu’une vache – L’élevage des porcs en Vallée d’Aoste
L’élevage des cochons : voilà le sujet que nous allons traiter ce soir. Et nous allons pour cela suivre trois sillons différents : l’expérience d’un éleveur ; la pratique de la transhumance ; une expérimentation en cours.
Partons du début : à Quart, depuis plus de 40 ans, exerce son activité d’éleveur, … Maggio. Son entreprise (qui toutefois achète les cochonnets en dehors de la Vallée d’Aoste et ne se charge que de leur croissance) compte de 50 à 100 têtes, suivant les différentes périodes de l’année.
Les méthodes de l’élevage bio sont appliquées dans cette exploitation, au-delà du label : les cochons (regroupés en nombre de dix dans des box) siègent sur de la paille fraîche, les nettoyages sont effectuées par la main de l’homme et l’alimentation aussi est naturelle.
Cette solution alimentaire permet de commercialiser des cochons qui ne sont pas gras, mais qui ont une viande savoureuse, ce qui est apprécié par la clientèle.
Celui de M. Maggio est le seul élevage de porcs en Vallée d’Aoste. Et c’est ici que l’Institut Agricole régional s’approvisionne pour acheter les cochons qu’il élève à l’alpage.
Le jour de notre visite est justement celui du déplacement des cochons vers leur lieu de destination estivale. Ils ont désormais six mois et le froid éventuel des hauteurs ne représente pour eux aucun danger.
Dans cette circonstance aussi le bien-être animal est sauvegardé.
L’opération de charge sur le camion complétée, éleveur et cochons se rendent vers le lieu du rendez-vous. Par d’ignarpa pour nos petits porcs. Ils ne vont pas marcher pour arriver à la montagne : ils vont voler !
L’alpage de l’Entrelor, géré par l’Institut Agricole, n’est en effet pas joignable par une route. Il faut utiliser l’hélicoptère.
Les cochons sont alors installés, par groupe de quatre, dans une cage que l’hélico transfère en quelques minutes.
Comme nous irons le découvrir par la suite, les raisons de la transhumance des porcs sont nombreuses et il s’agit d’une pratique que l’Institut agricole fait depuis quelques années.
La nouveauté 2009, dans l’élevage des cochons par l’Iar, a été le démarrage d’une expérimentation.
Deux races différentes parce qu’il y a la volonté de choisir, sur la base de données objectives, qu’elle est la mieux adaptée aux cycles de vie auxquels elle est supposée et la plus productive.
Nous avons déjà vu le départ des cochonnets vers la montagne et nous savons qu’ils avaient été nourris de façon naturelle. Dès qu’ils arrivent sous la responsabilité du personnel de l’Iar, la méthode d’élevage change un peu.
La première phase se conclut avec la descente de la montagne (faite toujours par voie aérienne), quand les cochons pèsent 120 kilos.
S’il s’agit d’une expérimentation, il est évident que des évaluations doivent être faites tout au long du parcours.
Pour évaluer les variations pondérales, il suffit de peser périodiquement les animaux, ce qui été fait – à cadence mensuelle – à la montagne et après leur descente et leur transfert à la ferme de Montfleury. Pour les évaluations de qualité, par contre, le travail ne peut être fait qu’après l’abattage des animaux et la transformation de leur viande. Abattage qui a eu lieu à la fin du mois de septembre, quand nos interviews ont été réalisées.
En considération du fait que le lard et le jambon demandent une longue période d’affinage, nous vous disons déjà qu’aucune conclusion ne sera donnée ce soir : pour savoir les résultats de notre part, vous devrez alors bien attendre 2010, quand le PH, la couleur et la tendresse du lard (mais surtout sa saveur) pourront être appréciées.
Faisons maintenant un pas en arrière, et parlons de ce que ces cochons ont mangé pendant l’été.
Et voilà la raison de la montée à l’alpage dévoilée. Rien d’innovateur, toutefois : les éleveurs valdôtains pratiquaient ce genre de liaison entre l’élevage des vaches et celui des porcs déjà dans le passé. Deux petites précisions, la nourriture sèche a toujours été administrée mélangée avec le petit-lait ou d’autres liquides et des ressources locales, telles que les pommes de terre, ont été exploitées aussi afin de donner aux animaux une nourriture complète.
Le résultat a été formidable, voire inattendu.
L’Institut agricole régional n’a pas prédisposé et géré cette expérimentation en solitaire, nous l’avons déjà perçu. Il a eu des collaborations importantes, voire fondamentales, considéré la finalité.
Le discours avec les responsables de la production du jambon de Bosses se fera dans une autre occasion, faute de temps. C’est alors Ivo Joly, président adjoint du Comité « Lo Doil » d’Arnad, qui va nous expliquer les multiples raisons qui poussent la communauté à songer à une reprise de l’élevage des porcs. Et oui, parce que seulement le lard d’Arnad à niveau familial est maintenant produit par des bêtes élevées en Vallée d’Aoste ; toute production massive se base sur du lard venant d’ailleurs. Du reste, le disciplinaire de l’AOP le prévoit clairement.
Alors le lard AOP d’Arnad commercialisé actuellement (réalisé par les trois grands producteurs en activité) est du lard – entre guillements – étranger mis en saumure ici.
La production actuelle est de 400 mille kg de lard, dérivant de 40 mille cochons. Une quantité énorme !
Rien n’empêche, pourtant, de passer de rien à quelque chose, c’est-à-dire de passer à un élevage de cochons qui ne soit ni familial ni massif : une centaine de têtes, par exemple.
Ce qui est, justement le but souhaité à la fin de l’expérimentation, si celle-ci donnera des résultats satisfaisants.
Les édifices envisagés étaient déjà destinés à l’élevage des cochons et ils disposent alors de toute une série de locaux et de structures prédisposées.
L’élevage en loco permettrait d’obtenir un produit de qualité différente (voire meilleure).
Il est toutefois vrai que le disciplinaire du lard d’Arnad, sous sa formulation actuelle, n’envisage pas une échelle de qualité dans l’appellation d’origine protégée. Ce qui signifie que ce lard – disons le « plus valdôtain » – serait difficile à distinguer de l’autre ordinaire. Un problème sur lequel les fonctionnaires de l’administration régionale devront se pencher, le moment venu.
Une autre grande différence se situe dans les coûts de production, bien plus élevés (au moins dix fois) par rapport à ceux d’un élevage massif où les cochons sont abattus encore assez jeunes. Une solution pourrait alors être envisagée dans la commercialisation directe, qui permet de gagner les pourcentages destinés aux distributeurs et aux commerçants.
D’autre part, il faut tenir compte de la qualité du produit et de la possibilité d’essor économique pour la commune, venant des places de travail qui se créeraient ainsi.
Et maintenant passons à nos rubriques. En matière d’agriculture notre sujet sera le noyer ; en matière d’élevage nous allons par contre parler de la vie des enfants des éleveurs et de leur rapport avec cette activité et les animaux.
Les noyers
Les enfants des éleveurs
La plupart des exploitations agricoles valdôtaines ont un caractère familial et alors voilà que les générations se superposent et que la passion pour l’élevage et l’agriculture entre dans le corps avec l’Adn et en suçant le lait. Mais comment est-ce que les enfants perçoivent cette vie et comment vivent-ils le rapport avec les animaux ?
Le temps à notre disposition est terminé, nous vous remercions pour nous avoir suivis et nous vous donnons rendez-vous à la semaine prochaine.
Pubblicato / aggiornato
il 08/11/2022 alle 08:06
Categoria:
Cronaca / Video