Rien qu’une vache – L’agriculture biodynamique
Agriculture biodynamique. Cette définition nous évoque quoi ? Bien, la culture, c’est clair. Et puis le fait de cultiver en utilisant des méthodes durables et respectueuses de l’environnement. Mais la «dynamique» c’est quoi ?
Pour s’y retrouver il faut faire un pas en arrière: en 1924, Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie, posa les fondements de l’agriculture bio-dynamique, sous la forme de huit conférences prononcées au Domaine Koberwitz, près de Breslau, en Silésie. Il avait donné ce cours d’agriculture sur la demande de plusieurs agriculteurs Bavarois, inquiets d’observer la croissance de la dégénérescence des semences et de la baisse de la qualité des aliments produits: «Que faut-il faire pour stopper la baisse de la qualité des semences et de l’alimentation ?» était la question pressante. En réponse, Rudolf Steiner expliqua qu’en réalité ce n’était pas en premier lieu la plante qui était malade mais l’environnement et particulièrement le sol, qui pouvait tomber malade. Il fallait donc chercher les causes des prétendues maladies des plantes dans l’état du sol et de l’environnement. Ce «Cours aux agriculteurs» a été imprimé en 1925 et il est étudié de nos jours encore, dans le monde entier.
Dans le monde entier et en Vallée d’Aoste aussi, où l’année 2009 a vu la naissance de l’Association pour l’agriculture biologique et biodynamique.
Revenons aux principes de Steiner: le premier, fondamental, est qu’il faut soigner la terre. Puis il faut régénérer, façonner et entretenir les paysages; fournir aux hommes une alimentation saine; développer l’approche du vivant et comprendre le rôle de l’homme; ouvrir de nouvelles perspectives sociales sur les fermes comme dans les liens producteurs-consommateurs (en y incluant les commerçants). Une véritable philosophie, pas seulement une technique!
Notre émission est très concrète et, au-delà des énonciations et des principes, l’agriculture biodynamique l’est aussi. Passons alors à la pratique et disons que si la finalité principale est de soigner la terre (parce qu’un terrain sain et vital donne des plantes saines et vitales), on le fait par des traitements spécifiques. Au centre de l’exploitation agricole biodynamique se place le compost.
En tout cas, on peut utiliser du fumier d’autre origine.
Mais le compost de l’agriculture biodynamique ne se compose par seulement de fumier et de déchets organiques. Il est enrichi par l’inoculation de préparations spécifiques.
L’inoculation des préparations est faite en doses homéopathiques. Qu’est-ce que cela signifie ?
Un préparation seulement n’est pas solide mais liquide: celle de valériane. Comment est-ce qu’on l’utilise ?
L’inoculation et l’aspersion doivent être faites six mois avant l’emploi du compost, qui doit mûrir avant d’être prêt. Le mûrissement doit avoir lieu sur le terrain et le compost peut être couvert par des nattes de paille si les précipitations pluvieuses sont trop intenses. Pour quelques cultures spécifiques, les délais peuvent toutefois être réduits.
Il y a encore d’autres préparations, qui sont administrées directement au terrain ou aux plantes, par pulvérisation. La première est la bouse de corne.
La bouse de corne se pulvérise alors directement sur le terrain en automne et au printemps. Jusqu’à 18 fois par an, si le terrain le demande. La silice de corne est par contre destinée aux plantes.
La silice de corne concentre l’activité solaire, et aide alors le murissement des fruits et des légumes.
Pour ces deux préparations de corne l’agriculteur doit mettre un peu de muscles, parce qu’elles doivent être diluées dans l’eau et dynamisées pendant une heure avant d’être utilisées. La dynamisation se fait en mélangeant.
Si on dispose des préparations et du savoir-faire, on peut commencer à travailler.
Avant tout il est nécessaire de préparer le terrain afin qu’il puisse bien répondre à cette nouvelle méthode. Cela se fait en l’énergisant par du macéré d’ortie, de la décoction d’equisetum, du pyrèthre et de l’huile de neem.
Quand le moment est venu de commencer, il faut labourer le terrain, déposer dessus le compost et labourer encore. Ensuite, on sème (par des semences venant d’agriculture biodynamique), on plante (par des greffes venant d’agriculture biodynamique), on arrose (par de l’eau).
Au moment de la pousse, aucune lutte aux mauvaises herbes ni aux parasites: au maximum on peut faire de la prévention.
Quant aux insectes, ils sont également fondamentaux pour réaliser un milieu le plus naturel possible.
Toutes ces actions seraient toutefois infructueuses sans l’aide des astres. Non, pas de confusion: nous ne nous référons pas à l’horoscope des plantes ! Plutôt au fait que si la Lune est capable de provoquer le phénomène des marées par sa force d’attraction, elle influence d’autant plus la pousse des plantes, qui se composent d’eau à 99%.
Au moment de semer, il faut alors faire attention au calendrier.
Si tout est fait dans le plein respect des règles, un jardin potager peut se dire biodynamique et sa production recevoir le label Demeter, décerné par un organisme de contrôle préposé. Ces règles sont très strictes : si un quelconque évènement en empêchait la pleine observation (par exemple une infestation très importante qui imposerait le recours à des antiparasitaires chimiques, faute de quoi la récolte serait compromise) le label serait perdu. L’Association pour l’agriculture biologique et biodynamique, en 2010, a donné impulsion à la naissance de la coopérative « Les jardins du château ». Celle-ci a loué deux hectares de terrain à l’intérieur du parc du château Passerin d’Entrèves de Saint-Christophe et a commencé à en cultiver la moitié en suivant ces principes.
En tout cas, les premiers légumes tomates, courgettes, salades, poivrons, aubergines, haricots, haricots verts et côtes de bette sont presque prêts pour être récoltés. Des produits qui à l’avenir se verront attribuer le label Demeter.
La finalité de la coopérative est bien évidemment commerciale. Le projet envisagé prévoit des formules différenciées de vente.
Le prix des légumes n’est évidemment pas encore défini. Il est toutefois fort probable qu’il sera probablement un peu plus élevé par rapport à celui des produits venant de l’agriculture ordinaire.
L’agriculture biodynamique n’est toutefois pas seulement réservée aux exploitations: tout jardin potager peut devenir biodynamique, en suivant les règles. Il s’agit donc d’une agriculture, d’une philosophie, d’un style de vie, toujours dans le sillon de Rudolph Steiner, qui avait appliqué sa méthode à la médecine comme à l’éducation des jeunes et qui parlait de son anthroposophie comme d’un « chemin de connaissance ».
Le temps à notre disposition est terminé, nous vous remercions pour nous avoir suivis et nous vous donnons rendez-vous à la prochaine émission.
Pubblicato / aggiornato
il 07/02/2023 alle 08:32
Visualizzato volte
Categoria:
Cultura / Video