Rien qu’une vache – Une étude pour analyser la capacité d’adaptation aux alpages dee vaches
Deux exploitations d’alpage, un institut de recherche, des partenaires internationaux, un responsable de projet, un apprenti, quatre types de senseurs et un ordinateur pour mettre sous la loupe 16 vaches, voilà les protagonistes du projet Alpe 2011, qui se proposent d’étudier la capacité d’adaptation de nos vaches et leur bien-être dans deux types différents de conduction d’alpage.
Traditionnellement le bétail est gardé dans les étables et conduit dans les pâturages deux fois par jour. Depuis 12 ans, l’institut agricole régional gère un alpage expérimental dans la vallée de Rhèmes, où les vaches restent en plein air toute la saison et sont traites avec une machine à traire installée sur un chariot mobile. Les seize vaches nous allons les rencontrer bientôt ; l’institut c’est l’Institut agricole régional d’Aoste (qui finance l’initiative) avec la collaboration de la faculté de vétérinaire de l’Université de Berne (comme partenaire de projet) ; les éleveurs sont de l’Institut agricole même ainsi que Attilio Yeuillaz ; les appareillages techniques nous allons les décrire d’ici peu.
Partons d’une prémisse : dans l’élevage valdôtain la transhumance, que chez nous on appelle inalpe, est une pratique centenaire, qui prend ses racines dans la tradition. Cette pratique est devenue de plus en plus importante dans une région à vocation touristique comme la nôtre, pour le maintien du territoire.
Les raisons des hommes sont claires, mais on ignore si nos vaches peuvent s’adapter à un système qui en Savoie est adopté depuis longtemps, tandis que chez nous il n’est pratiquement pas connu. Elles ne peuvent évidemment pas nous le dire, mais nous avons toutefois des moyens pour connaître leur capacité à s’adapter à une différente conduite de l’alpage. L’évaluation du niveau d’adaptation d’un animal n’est pas une question facile à étudier, d’autant plus qu’elle est étroitement liée à sa physiologie.
Les contours de la question définis, venons-en au projet Alpe 2011. Il a démarré au printemps et devrait être achevé vers la fin de l’année.
Attilio Yeuillaz, un éleveur qui conduit un alpage de type traditionnel à Vertosan (dans la Commune d’Avise), a accepté de participer au projet, permettant la confrontation des deux méthodes.
Pour pouvoir travailler, il a fallu non seulement conceptualiser le problème, mais également se doter d’instruments qui n’existaient pas ou adapter ceux qui étaient destinés à d’autres fonctions. En effet le compteur du flux de lait au cours de la traite existe, mais les capteurs chrono, les altimètres, le système pour mesurer la fréquence cardiaque et le GPS ainsi que le logiciel pour l’évaluation des données cardiaques ont dû être adaptés par rapport à ceux existant pour les chevaux. Les colliers avec les poches ont dû être réalisés et adaptés pour ce type particulier de recherche; les capteurs placés sur le licol sont des prototypes, dérivés de certains employés en aéronautique. Comment tout cela travaille ensemble est intéressant.
Les évaluations ne s’arrêtent pourtant pas là : une indication claire du niveau de stress de l’animal vient de la quantité de cortisol présent dans le sang. Cette hormone peut être mesurée par un prélèvement de sang, mais cette pratique serait à son tour une source de stress, mystifiant ainsi les résultats de l’étude. Par chance, les mesures peuvent être prises aussi à partir du prélèvement et de l’analyse de cette hormone dans les excréments.
La journée de nos jolies bêtes analysées se passe ainsi :
En fait, les journées des animaux du groupe témoin ne se déroulent pas de la façon décrite. Ou, mieux, elles se passent exactement ainsi, mais les analyses ne se font qu’en des périodes précises et choisies.
Troisième indicateur mesuré, vu qu’on y est, est celui alimentaire. Est-ce que les vaches des deux groupes mangent les mêmes aliments ? Est-ce qu’elles consacrent à l’alimentation les mêmes rythmes ? En ce qui est des aspects fourragers, l’appui à l’étude est donné par Mauro Bassignana, responsable du secteur agronomique de l’Institut agricole régional. C’est lui qui nous explique de quelle façon on peut savoir ce que les vaches mangent.
Une fois identifiées les herbes que mangent les vaches, et en croisant ces données avec des informations altimétriques et biométriques, il sera possible de faire une comparaison très précise entre les 2 types de stabulation.
Comme il sera également possible de vérifier une quelque influence sur les temps et la quantité d’ingestion, la quantité et le temps de rumination.
Enfin la traite : la quantité et le flux de lait sont des indicateurs clairs de l’état de bien-être de la vache et ont une grande importance économique.
Peut-être nous n’avons pas encore dit que les vaches choisies pour l’étude sont toutes des pies rouges de race valdôtaine. Pas de pies noires, pas de châtaines.
L’étude pourrait, dans des phases successives, être élargie aux autres races locales, mais d’autres domaines pourraient aussi s’ouvrir.
Nous nous lançons dans une prévision : à la fin il est fort probable que l’étude confirme que les vaches de race valdôtaine ne content certainement pas parmi les meilleures productrices de lait, mais grâce à leurs caractéristiques physionomiques elles peuvent s’adapter à l’utilisation des prairies de haute montagne, où une flore particulière leur permet de produire un lait de haute qualité, qui va ensuite être transformé en excellents fromages, comme la Fontina AOC.
Le temps à notre disposition est terminé, nous vous remercions pour nous avoir suivis et nous vous donnons rendez-vous à la prochaine émission.
Pubblicato / aggiornato
il 28/03/2023 alle 07:40
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Cultura / Video