Rien qu’une vache – Le viticulteur encaveur et le viticulteur qui donne sa production à la coopérative
On peut cultiver la terre, récolter ses fruits et les transformer, de façon qu’ils arrivent – prêts et savoureux – sur nos tables. On peut également toujours cultiver la terre, en prendre soin, en récolter les fruits, mais les confier à quelqu’un d’autre pour leur transformation. Il s’agit-là de deux différentes gestions d’une exploitation agricole et de deux façons de se rapporter au territoire, peut-on dire. À la base de l’une et de l’autre il y a la même passion, le même amour et un travail inlassable, parfois assez lourd.
Les protagonistes d’aujourd’hui sont deux viticulteurs de chez nous, qui se sont laissés conduire par leur passion, mais avec des issues différentes : le premier cultive les vignobles de famille et produit le vin pour les hôtes de son agritourisme et pour la commercialisation ; le deuxième confère la production annuelle à une cave coopérative.
Partons alors à la découverte de l’exploitation agricole et touristique « La Vrille » de Verrayes, dont nous allons prendre connaissance pas par pas. C’est Hervé Deguillaume, avec sa femme Luciana Neyroz, qui nous raconte leur expérience.
Hervé Deguillaume – à La Vrille on a commencé il y a cinq ans avec les cépages autochtones. Nous avons commencé avec le Muscat de Chambave, qui est un cépage traditionnel qui est un muscat petit grain. Avec ce vin là, avec ce cépage là on fait aussi le Flétri, le passito. Puis nous avons le Cornalin, nous avons le Fumet. Il y a trois ans nous avons planté aussi le petit rouge et le Vuillermin, qui sont destinés à faire un Chambave rouge, qui sont destinés à être vinifiés ensemble. Et nous avons aussi un petit peu de gamay, qui est un cépage français qui vient du beaujolais.
Pour Hervé, on peut véritablement parler de la réalisation d’un rêve. Arrivé en Vallée d’Aoste en 1990 avec le désir de travailler en pleine campagne, il a débuté l’activité dans les vignobles de famille. Tout près de la vigne, une formidable maison était en vente ; Hervé et Luciana ont franchi le pas : il l’ont achetée et transformée en agritourisme.
On peut l’appeler, peut-être, destin. Simon Tazzara le sait bien qui, avec sa famille, cultive une surface appréciable à Aymavilles : dans ce cas aussi, c’est la passion qui a tracé le destin de Simon.
Simon Tazzara – Moi j’ai toujours eu une attraction pour la vigne, pour la campagne : j’ai aussi fréquenté des écoles expérimentales professionnelles – j’ai fait l’Institut Agricole – et ma vie, je dirais, c’est dans la campagne, c’est dans les vignes, mais surtout en plein air. Et en travaillant les vignes on s’aperçoit qu’on peut faire beaucoup avec la nature et, à la fin, si on a aussi un gagnage, une rente économique, ce n’est pas si mauvais. A la fin, on est satisfait d’avoir réussi une bonne production, on est contents quand on arrive à trouver des moyens nouveaux pour travailler, plus pratiques.
Quand ils ont commencé, les Deguillaume n’avaient qu’une surface de terrain réduite et – petit à petit – ils sont arrivés à posséder une quantité de vignobles tout à fait respectable.
Hervé Deguillaume – alors nous nous avons commencé avec 2000 mètres d’inculte, que ma grand-mère m’avait laissé. Puis j’ai une tante, quand elle a vu que de cette inculte la vigne qui était venue m’a dit si tu fais la même chose avec ma vigne je te fais cadeau de tout le terrain. C’était seulement 1000m mais ça nous a encouragé à continuer. Continuant, continuant maintenant de 2000m nous
sommes à un hectare et demi. Plus au moins nous avons employé tout les incultes qu’il y avait dans la zone, on a fait un petit peu de nettoyage et c’est un peu plus joli aussi à voir.
L’activité viticole de la famille Tazzara a débuté à la fin des années quatre-vingt-dix.
Simon Tazzara – Mais avant il y avait quand même déjà les vignes de mes parents, de mon grand-père. On avait des petits morceaux de vigne, et après on a commencé à faire de la production. Et toutes les années, plus ou moins, on a refait des morceaux de vigne, on en a fait de nouvelles, jusqu’à arriver au moment où on a une production assez importante, et voilà.
La propriété des Tazzara s’est aussi agrandie au fil du temps et atteint, à présent, un hectare et demie de surface.
Elle s’est toujours agrandie, on a amélioré surtout du point de vue de la mécanisation, on a mécanisé un peu ces vignes, on a changé le système de les travailler. On cherche toujours à faire mieux, à changer le système de travailler et voilà, d’agrandir l’entreprise aussi, jusqu’au point où on pourra plus faire rien.
Nous on a seulement du rouge, du fumin, du pinot noir et du petit rouge (du torrette). Seulement du rouge.
Hervé arrive, aujourd’hui, à produire quelque 8 mille bouteilles par an. Qu’en fait-il ?
Hervé Deguillaume – c’est difficile à dire mais plus au moins nous employons le 75-80% sert dans notre agritourisme. Un petit peu à table, un petit peu les gens quand ils en vont apportent le cadeau pour donner à la famille, aux amis, un peu à la Noël. Aussi des gens du coin qui viennent chercher. Nous avons maintenant quatre ou cinq restaurants dans la Vda que nous portons nos vins. De plus c’est difficile parce que notre production est limitée. Nous avons un hectare et demi et nous ne voulons pas augmenter l’entreprise agricole de plus, parce que notre travail serait impossible avec l’agritourisme.
On a vu que de cette cave sortent cinq différents types de vin. Il faut ajouter, et c’est important de le dire, que la Vallée d’Aoste a un climat qui s’adapte bien à la culture de ces cépages.
Hervé Deguillaume – la Vallée d’aoste c’est un peu un paradis pour les vignes. Pourquoi ? nous avons peu de (piovosité), nous avons un climat donc sec, beaucoup de vent. Alors le vent permet de nous éviter beaucoup de traitement parce qu’il sèche les vignes et évite beaucoup de maladies, il nous évite donc des traitements inutiles à faire. Après il y a l’excursion thermique qui va très bien justement pour le muscat, pour ces cépages aromatiques, l’excursion thermique donne une main, le chaud la journée et le froid la nuit à développer justement ces saveurs particulières.
Hervé est surtout orgueilleux de son Muscat. Il nous en parle dans sa cave.
Hervé Deguillaume – C’est un muscat donc de la zone qui fait partie de chambave, verrayes, saint denis, saint vincent, fenis et puis je n’oublie peut être. C’est un muscat sec, très aromatique qu’a des saveurs de thym, de romarin, de pêche, d’abricot. Ce vin ici l’an passé a eu une mansion au cervin qui est le concours international du vin de montagne et ça était une belle satisfaction, parce que c’est notre première vinification du muscat.
Voilà que notre curiosité est allumée et nous voulons obtenir des renseignements également à propos des autres vins blancs.
Hervé Deguillame – Les vins blancs sont bus un an pour l’autre. Bien que beaucoup de spécialistes maintenant avec ces vins aromatiques tiennent à garder ces plus longtemps en avant et ils changent parfum, ils changent d’arôme et se sont dais choses très intéressantes.
Parce que le vin blanc jusqu’à présent on disait le vin blanc il faut le boire dans l’année si non il n’est plus bon. Ce n’est pas forcément vrai. Des vins comme ça avec une bonne acidité comme celle-ci avec des parfums comme cela, peuvent donner d’autres arômes et donner une autre saveur de leur vie.
Nous tombons tous d’accord sur le fait qu’une bouteille de bon vin, avec ses saveurs et ses parfums, est le plaisir irremplaçable de nos tables…et, comme Hervé nous a raconté, l’orgueil du viticulteur ! Néanmoins, le caractère particulier de l’activité viticole des Tazzara est dû au fait qu’ils ont choisi de ne pas vinifier, mais d’apporter la production annuelle de raisin à la Cave Coopérative des Onze Communes, dont il est associé.
Simon Tazzara – Chez nous on a jamais vinifié pour vendre, on en a parlé avec mon père et ma mère, mais on a toujours continué sur la production du raisin et pas du vin. Une fois c’était mon grand-père qui faisait le vin, pour le consommer chez lui, dans la famille, mais jamais pour le vendre.
La production entière on l’amène à la coopérative, ici, d’Aymavilles et, au moment où on a vendangé, on n’a plus de problèmes (« je dois faire le vin, je dois le vendre, le commercialiser… ») et alors c’est plutôt un travail de l’été, du printemps à la vigne et on a décidé de faire comme ça pour avoir une attention plus importante sur le travail dans la vigne, sur les cépages, sur le système de travailler et tout.
De prime abord ça pourrait sembler une solution de facilité. Il s’agit, au contraire, d’une sorte de stratégie, afin de pouvoir concentrer les efforts sur la qualité du produit.
Simon Tazzara – Sur la qualité du raisin, sur les sucres dans le raisin, la coloration…la qualité, oui…la qualité plus que la quantité.
Parce que si on a le temps de gérer mieux tous les travaux, on peut les faire mieux, on peut améliorer d’un certain point de vue la végétation, plutôt que la production, labourer le sol, et tout.
Il faut également prendre en considération un deuxième facteur…
Davide Glarey – Je crois que les choix des associés d’amener le raisin à la coopérative sont liées surtout aux dimensions des exploitations : en effet, nous on a 225 associés, sur une superficie de 55 hectares, donc ça veut dire de très petites réalités. Et donc ces associés-là ils préfèrent conférer à la coopérative, mais c’est parce qu’ils n’auraient pas la possibilité de vinifier chez eux et de entreprendre une vinification et entrer dans un marché du vin, voilà.
Je crois que le fait d’avoir des entreprises petites – et donc de ne pas pouvoir commencer une activité – c’est la cause la principale du fait que les associés confèrent à la coopérative. Même si il y a quelques associés qui commencent avoir des superficies intéressantes (il arrivent à l’hectare, l’hectare et demi de surface).
Les Tazzara prêtent à leurs vignobles toute l’attention qu’il se doit, tout comme les viticulteurs qui complètent la filière de production. Ce qui se traduit en un engagement de temps non indifférent.
Simon Tazzara – En automne, on commence avec la fertilisation du terrain, après on passe à la taille (peut-être quelques années on peut la faire en hiver, ou en printemps). Après on continue, pour contrôler le sol pour les malherbes ; après on commence avec les traitements, pour les maladies. Ensuite on contrôle que la végétation se développe comme il faut, (…) pour le palissage des cèpes. Après on passe à la phase de la production, où on contrôle surtout la quantité de raisin, la production par hectare, par mètre quarré ou par cèpe, jusqu’au moment où on doit vraiment faire attention au raisin, le contrôler du point de vue de maladies encore, de l’eau, l’irrigation et que tout se passe bien et voilà.
La coopérative, naturellement, s’occupe de la transformation et de la vente du vin.
Davide Glarey – Donc les associés amènent leur raisin, on fait des calendriers de vendange, on va appeler chaque viticulteur pour lui faire amener le raisin, donc il confère le raisin et toute la phase de vinification se passe ici à la cave.
Il y a une particularité : c’est que les associés doivent faire des œuvres à la coopérative, donc il font des heures de corvées à la coopérative, en suivant les quintaux de raisin qu’ils amènent. Pour chaque quintaux de raisin, ils font une heure de travail à la coopérative. Ça est très important, d’une part parce que ça nous permet d’avoir la main d’œuvre nécessaire (surtout au moment de l’embouteillage et de l’étiquetage) et, deuxièmement, ça fait participer l’associé à la coopérative. Donc, ce n’est pas seulement le fait d’amener le raisin et de recevoir après un gagnage, mais c’est aussi question de se rendre compte des problèmes qu’il y a à la coopérative, des travaux qu’il y a à faire et donc de participer à la coopérative.
Coté rentabilité, il peut y avoir des surprises !
Simon Tazzara – si on regarde ce qu’on doit faire économiquement pour une cave ou pour vendre le vin, c’est plus important par rapport à ce qu’on doit faire pour travailler la vigne.
Si on a une cave et on vinifie, il y a des coûts extrêmement plus hauts et le gagnage, peut être, on l’aura après une dizaine d’années. Si je dois faire un rapport, naturellement on a plus de gagnage à faire une vigne, où seulement on produit du raisin.
On sait qu’une vigne, au début – pour les premières trois années, quatre années – n’a pas de rente économique (parce qu’on doit soutenir les gains pour l’implantation, pour les produits, pour l’irrigation et dans les premières années on a aucune production). Quand on commence à produire – la quatrième ou la cinquième année – on commence à voir l’argent.
On arrive à être indépendants, parce que c’est comme un travail : à la fin de l’année, on a un gagnage comme un travail, plus ou moins.
Nous avons une dernière curiosité : comment se présente–t-elle la production de cette année ?
Simon Tazzara – Cette année on a un retard pour les vendanges. Ici c’est du fumin, on peut le voir, il y en a, il y en a assez. On a dû fait attention au miliou cette année (à cause de la pluie et du temps humide qu’il y a eu). En effet, si on a bien contrôlé la végétation, on a pas trop de problèmes ; si, par hasard, on a pas fait attention, il y a des problèmes sur les feuilles, quelque fois aussi sur le raisin.
Pubblicato / aggiornato
il 27/06/2022 alle 20:30
Visualizzato volte
Categoria:
Cultura / Video