Vai al contenuto

Entre Mairie et Clocher: Pont-Saint-Martin

3.985 habitants, une altitude de 345 mètres, un passé lié à la sidérurgie et un futur orienté vers le tourisme, tout en tenant compte de son histoire.

C’est Pont Saint-Martin.

Le nom des habitants est Ponsenmartinet, Ponsenmartinette

La position géographique : située à l’entrée de la Vallée du Lys, à 51 km d’Aoste

La fête patronale est le 10 août, patron de Saint-Laurent

Le curé s’appelle Claudio Perruchon

Le syndic s’appelle Alberto Crétaz

Je suis entré dans l’Administration en 1985, comme assesseur. À vrai dire je n’aurais jamais voulu devenir administrateur, même si je suis né et j’ai vécu à Pont Saint-Martin, j’en connais les mœurs et les coutumes et tout. Je suis né dans l’ancienne Rue de Rome, d’où l’hétérogénéité de Pont Saint-Martin arrive, liée a l’usine Illsa Viola et à son histoire. Je ne voulais pas parce que, venant du monde de la culture et du corps philharmonique, je pensais que la politique pouvait entamer mon esprit, ma façon de partager la culture, la musique et la place. C’était tout autre chose : c’est l’homme qui fait la politique et l’homme doit la gérer et la partager avec les autres. En 1992 je suis devenu syndic et j’en suis à mon troisième mandat. Je vais conclure – espérons en beauté – en 2010.

Pont Saint-Martin est le première ville qu’on rencontre quand on arrive en Vallée d’Aoste depuis le Piémont. Il représente donc, en quelque sorte, la porte de la vallée. Cette commune est située sur la confluence du  Lys et de La Doire Baltée. Son territoire se distribue sur une superficie de  6,88 Km2. Pont Saint-Martin est connu  évidemment pour son pont romain et pour son économie liée à l’industrie, mais également au tourisme, parce que les beautés naturelles et artistiques n’y manquent pas. En se promenant dans le centre, on y observe encore la vie au quotidien typique des villages, faite de petits magasins et de cafés qui sont reliés par de grands trottoirs, où les rues sont restées à la portée de l’homme.

Pont Saint-Martin c’est pas seulement son centre historique, avec Rue Chanoux et les places avoisinantes. Pont Saint-Martin a un territoire qui n’est pas très étendu mais qui est bien géré par l’Administration, coordonnant plusieurs hameaux décentrés. Nous avons, par exemple, le hameau d’Ivéry qui est une perle. Ivéry est l’un des peu nombreux hameaux que nous avons, mais il est bien peuplé. La population est en train de faire des travaux de réaménagement appréciables et pousse l’Administration à bien travailler, à tout prix. Il faut toutefois dire que nous agissons même avant les requêtes. Il s’agit d’un hameau qui pourrait se suffire à lui même: il est équipé de tous les services, y compris un siège électoral. Nous le gardons pour contribuer à la vitalité de ce hameau. Dans ce grand village nous disposons même d’un alpage, celui de Serrapiana, qui compte 25 têtes, une vaste superficie de propriété municipale située à 2000 m. Nous sommes en train de le réaménager. Autrefois, les revenus de cet alpage permettaient de payer les frais de l’école d’Ivéry.

D’ici nous voyons Pont Saint-Martin tout entier. Au-delà du bourg et du centre historique nous avons également le hameau Le Cascine et le hameau supérieur de Ivéry. Il s’agit de réalités entrelacées au reste du village et de communautés qui se sentent très vivantes. A’ Ivéry règne une grande unité et les habitants organisent de nombreuses fêtes entre eux. Pour resserrer leur amitié et les liens familiaux. La vivacité des habitants de Pont Saint-Martin se voit également dans leur esprit d’initiative, par les magasins et les boutiques qui remplissent le centre historique. Mais également par les ateliers et les petites industries qui se forment à Le Cascine. C’est l’Illsa Viola qui a eu la part du lion, dans le passé, en donnant du travail à de nombreux ouvriers de la Basse Vallée. Malheureusement elle a fermé mais la population a eu la force de s’inventer de nouvelles initiatives.

N’oublions pas que la paroisse de Carema s’élargit sur presque la moitié du territoire de Pont Saint-Martin. Il s’agit d’un aspect curieux, mais nous aimons cette façon de vivre la chrétienté.

Les informations historiques sur Pont Saint-Martin, qui vont de la fin de la domination romaine jusqu’au commencement du XIème siècle, sont assez pauvres, difficiles à repérer et parfois contradictoires. Au contraire, une riche documentation sur la Maison des seigneurs de Bard nous est parvenue. Cette famille a dominé un vaste territoire, qui comprenait Pont Saint-Martin, à partir du XIème siècle. Les équilibres internes ont commencé à vaciller au XIIIème siècle, quand Ugo et Guglielmo de Bard, frères et implacables ennemis, partagèrent en deux le territoire. Mais nous ne sommes qu’au commencement d’une longue série de vicissitudes qui porteront révolutions, changements, paix, jusqu’au tragique bombardement de la 2ème Guerre Mondiale.

Ce monument derrière moi rappelle ce triste moment de la vie de Pont Saint-Martin. Le 23 août 1944, un bombardement aérien détruisit le centre historique et provoqua de nombreuses victimes. Nous célébrons toujours l’anniversaire de cette tragédie en gardant le souvenir des victimes. En même temps nous prions pour la paix et nous nous engageons à construire, dans notre petite communauté, des moments de paix et de sérénité. Dans l’histoire de Pont Saint-Martin il y a également des chapitres moins tristes. Dans mon domaine je veux rappeler l’abbé Osvaldo Perrenchio. Cette année une ruelle proche de l’église paroissiale lui a été dédiée. C’était un prêtre qui savait vivre avec les gens, qui a su établir beaucoup de contacts et nombreux sont ceux qui s’en souviennent.

Le « Castellaccio » appartenait aux seigneurs de Pont Saint-Martin. L’histoire raconte qu’ils étaient une famille de malfaisants. Si ce n’est pas l’histoire qui doit nous enseigner à nous améliorer, avec eux il y a peu à apprendre. Ici c’était Guglielmo qui y  résidait, mais plus que dans le château, il préférait la maison forte bien plus confortable. Pendant deux siècles cette famille a gouverné le village.

Protagoniste des vestiges de Pont-Saint-Martin est son pont romain. Sa valeur historique et artistique est incontestable : ce pont a surmonté les barrières du temps en résistant même au bombardement de ’44. Il avait été érigé dans la période de la conquête des Gaulles, à partir du IIème siècle avant J.C. et il était utilisé par les romains pour améliorer le contrôle des territoires et favoriser les communications. La mesure de la corde de ce pont est de 35,64 mètres ; sa largeur de 5,82 mètres. Le pont de Pont Saint-Martin n’est pas le seul témoignage du passé, mais sa valeur symbolique est telle qu’il a influencé le nom de la ville. Et à l’intérieur de ses grandes pierres, se cache une légende.

Ce pont est tellement beau que l’on dit que seulement le Diable aurait pu le construire. On raconte que Saint Martin, évêque de Tours, au cours de son voyage vers Rome aurait traversé la Vallée d’Aoste et se serait arrêté dormir dans ce bourg. Pendant la nuit une crue du Lys a emporté le petit pont en bois qui reliait les deux rives du village. Le jour suivant la population s’est réunie pour décider de la réalisation d’un nouveau pont, plus robuste et capable de supporter les excès du Lys. Saint-Martin déclara qu’il s’en serait chargé et demanda au Diable de s’en occuper. Le Diable accepta en posant une condition : la première âme qui aurait traversé le pont serait devenue de sa propriété. En une seule nuit le Diable et ses anges bâtirent le pont. Le jour suivant la population se retrouva pour admirer cette œuvre « diabolique ». Saint-Martin sortit un pain de son panier et le jeta de l’autre côté du pont : un chien s’approcha et le prit. De cette façon la première créature à traverser le pont fut un chien qui devint ainsi propriété du Diable. Le Diable n’apprécia pas cette fourberie. Il tenta de détruire le pont mais n’y parvint pas parce que Saint-Martin y planta une croix dessus.

Pont Saint-Martin n’a pas seulement le pont romain : le village est riche en histoire, légende et charme. Nous avons le « Castellaccio », appelé ainsi parce que, au cours des derniers siècles, il n’a été qu’une ruine. Il est laid, il n’est pas entretenu, ce n’est qu’un triste amas de décombres où on ne peut même pas entrer. Voilà la raison de son nom. Le château Baraing est bien plus récent,. Tout le monde le connaît et sait l’histoire et les vicissitudes de cette famille. Elle n’a pas eu de chance, mais elle était riche. L’origine de cette richesse est inconnue, mais cela n’est pas important. Ils sont tous morts sans héritiers et ils ont laissé leurs biens (une grande quantité de biens) à la Commune. Toute la vie culturelle et scolaire se déroule actuellement à l’intérieur de structures qui font partie de leur héritage et qu’ils avaient même bâties à cet effet. Ils ont été les bienfaiteurs de Pont Saint-Martin. Le château, récemment restauré, est devenu le siège de la Communauté de Montagne.

L’église paroissiale de Pont Saint-Martin a été bâtie entre 1838 et 1839. Elle est dédiée à Saint-Laurent martyre. A’ l’origine elle avait un plan en forme de croix grecque, donc carrée, puis elle a été prolongée, en 1902, quand le curé était l’abbé Fortunato Quendoz. Ce n’est pas l’église paroissiale originelle, qui se trouvait au lieu-dit Fontaney, le long de la route vers Perloz. Elle avait été bâtie en 1595 et elle était dédiée aux précieux corps et sang du Seigneur et à la Sainte Vierge du Chapelet. En 1837, étant donné que la population de Pont Saint-Martin avait augmenté et que l’église était trop petite, elle fut abandonnée. L’église actuelle conjugue l’art ancien avec le moderne. Au cours des travaux de restauration un artiste local – M. Cristiano Nicoletta – a fait cadeau de l’autel, de l’ambon et du crucifix qui se trouve dans le presbytère.

On peut  bien dire que  Pont-Saint-Martin  est une communauté très active du point de vue culturel et social. L’administration communale est attentive aux exigences des catégories plus faibles de la société et les jeunes, tout comme les personnes âgées, ont plusieurs possibilités d’enrichir leur temps libre. La bibliothèque  oeuvre  dans le domaine culturel en organisant des saisons théâtrales et une série de rencontres avec des écrivains. Pour ne pas proposer les mêmes initiatives, elle travaille toujours en collaboration avec les collègues de Donnas et de Hône. L’attention aux jeunes se manifeste par un point d’information et de rencontres, le « Centre Jeunes Calembour », où des occasions ludiques et culturelles sont proposées. Un oratoire inter-paroissien occupe le temps des plus petits avec beaucoup d’activités récréatives. Quant aux adultes, ils n’ont que l’embarras du choix : le groupe théâtral, un Corps Philharmonique né au commencement des années ‘50, ainsi que l’Athlétique Pont-Donnas et une équipe de football. Le carnaval de Pont Saint-Martin, peut se définir historique non seulement pour le sujet de ses représentations, mais également pour sa date de fondation : la première édition  remonte à 1910. En ce qui concerne l’instruction,  les jeunes du bourg et des villages limitrophes ont la possibilité d’étudier dans le complexe scolaire qui comprend plusieurs branches d’études.  

Déjà durant la période de l’après-guerre les garçons recevaient une formation avant d’entrer dans les usines. Les écoles, aujourd’hui, sont bien gérées, soignées et elles respectent toutes les lois. Les écoliers sont nombreux. Nous sommes satisfaits d’avoir pu, comme communauté de la Basse Vallée, garder ce complexe scolaire. Les familles et les étudiants ont des écoles à leur disposition et ils n’ont pas d’excuses pour ne pas poursuivre les études. Dans le futur on ne pourra qu’améliorer les locaux, en donnant encore davantage d’outils pour que l’apprentissage soit toujours plus complet et efficace.

Autour de l’église nous ne disposons pas d’espaces pour jouer et s’amuser. Cet espace de patronage inter-paroissien est très beau et il peut accueillir de nombreuses activités. Il offre l’occasion aux paroisses de Pont-Saint-Martin, Donnas, Vert et Perloz de travailler ensemble. Il est actif depuis 10 ans. Les activités proposées sont nombreuses : le catéchisme, les jeux, les matchs et les tournois de football, un soutien pour les jeunes dans leurs études, du théâtre. Il y a également le projet « Nos Enfants ». Ce projet engage les jeunes de la Basse Vallée dans des  activités ludiques et récréatives.

Pont-Saint-Martin compte une vingtaine d’associations, qui opèrent dans les domaines de la culture, du temps libre et du sport. Je peux dire qu’il ne manque que la boxe et le kayak, puis nous aurons tout. Le propos de l’Administration est d’englober dans une seule structure le siège de toutes les associations culturelles. Comme nous avons fait dans le domaine sportif, à l’intérieur du Palazzetto. Nous avons un corps philharmonique âgé de plus de cent ans qui compte une cinquantaine d’élèves. Et nous avons également la Pro Loco, qui fait un peu de trait d’union entre tous. La Pro Loco organise principalement le carnaval, mais pas seulement. Fréquemment elle supporte les autres associations, en fournissant les structures nécessaires et qu’il ne serait pas juste d’acheter et d’emmagasiner pour tous. Le Carnaval a une valeur historique pour ses personnages, qui se refont à l’ancienne Rome. Il a un charme extraordinaire et l’Administration pousse la Pro Loco à aller toujours de l’avant en vue d’une promotion toujours plus efficace. Ce sont des moments  qui valent la peine d’être vécus: il y a les parades (principalement celle du dimanche matin, qui regroupe presque 500 participants) que pratiquement la population locale est la seule à connaître. Ce n’est pas juste du tout. Le Carnaval accueille des groupes venant même de l’étranger et il est devenu une véritable attraction. C’est un carnaval très populaire. Il n’est peut-être pas riche mais les gens qui y participent se laissent volontiers transporter et passent quelques heures de grande gaité.

Élevage et agriculture sont présents sur le territoire, et en particulier la viticulture, mais c’est l’industrie qui, depuis 1800, caractérise l’économie de Pont Saint-Martin . Ce bourg a constitué la deuxième pointe de la sidérurgie valdôtaine, fort d’une tradition séculaire dans ce secteur. La force des eaux du Lys a été utilisée pour actionner moulins et forges pour le travail des métaux. Les premières indications remontent  au XVIème siècle, quand la famille Beccour demanda aux seigneurs de Pont Saint-Martin la permission d’installer une forge sur les rives du Lys. Les centres de métallurgie se sont multipliés au cours des siècles et le développement du secteur était bien visible par la présence d’un pionnier de la sidérurgie italienne : François-Balthazard Mongenet. La fin du 19ème arriva, apportant la crise industrielle. Après une reprise dans les années de la première guerre mondiale, une autre chute frappa la communauté avant d’aboutir à la période d’or des années ’30. En 1931, avec la naissance de l’ILLSA Viola, l’essor de l’économie de Pont Saint-Martin explosa. Les activités de cette industrie se sont conclues en 1986 et, dans l’aire qui était occupée par les établissements, une pépinière d’entreprises et de nouveaux complexes industriels sont nés, avec des fortunes alternes.

La surface industrielle, aujourd’hui, grâce à l’engagement de l’administration régionale, a été complètement réaménagée. La requalification a été faite pour répondre aux exigences de la production industrielle moderne. C’est l’informatique qui domine, mais elle n’est pas la seule. Nous accueillons sur cette surface la Termoplay, qui produit des moules commercialisés dans 37 Pays. Il y a un grand enthousiasme autour de cette industrie qui, entre autre, continue à embaucher du personnel et à produire, ce qui donne de bonnes garanties pour le futur. Il ne faut pas oublier la Feletti. Nous ne sommes pas trop au courant de la situation interne. Ce que nous savons c’est qu’ils ont recommencé à produire avec une bonne organisation et une qualité excellente. Ils ont, eux aussi, recommencé à embaucher. L’Administration communale, même en courant le risque de déplaire à quelqu’un, s’engage pour garder le maintien culturel de la colline. Il s’agit d’un espace réduit, mais nous voulons y conduire un expérience de recomposition pour que la culture de la vigne recommence ou, au moins, que la propreté des surfaces soit gardée.

Nous avons vu comme Pont-Saint-Martin cherche à conjuguer économie et progrès avec une attention au domaine social sans oublier l’agriculture. Quelles sont alors les perspectives pour le futur ?

Je pense que le futur de Pont Saint-Martin (et des autres paroisses valdôtaines aussi) se base sur la création de liens d’amitié et de solidarité. Être unis nous permettra de mieux affronter les difficultés face auxquelles la vie nous pose.

 Je souhaite que le futur donne de la sérénité à ceux qui travaillent, aux retraités, aux étudiants, aux enfants, aux personnes qui s’’impliquent dans le sport ou dans la culture. Un problème typiquement local est celui de la sécurité des citoyens. Ce n’est pas une question de mauvais fonctionnement ou de manque d’organisation : il y a un manque de structures et de personnel. Les collègues syndics de la Communauté partagent ce souci et je suis devenu leur porte-parole. Je souhaite que, prochainement, la situation bureaucratique se débloque et que Pont Saint-Martin puisse avoir ce que toutes les autres communautés d’Italie ont : une structure organisée pour offrir protection aux citoyens et prévenir la criminalité. La surface, la volonté et l’union de la communauté y sont : c’est l’État qui, maintenant, doit jouer son rôle.

C’est ainsi que le curé et le syndic décrivent leurs concitoyens.

Nous pouvons dire qu’ils sont comme cette belle journée de soleil.

Les habitants de Pont-Saint-Martin sont comme une coupe de mousseux : authentiques, gais et pétillants.

Pubblicato / aggiornato il 04/04/2021 alle 20:30
Visualizzato volte

Categoria: Cultura / Video