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Vois-ci,Vois-là les faits de la Vallée d’Aoste liés au 11 avril

Notre protagoniste d’aujourd’hui est l’anniversaire d’une lettre, datée du 11 avril 1529, par laquelle nous apprenons que monseigneur Pierre Gazin, évêque d’Aoste, se trouvait à Chambéry pour participer au congrès des évêques des États de Savoie. Les religieux s’étaient réunis pour décider quelles mesures adopter face à l’invasion protestante. L’évêque valdôtain fut choisi pour représenter ses collègues et se rendre à Rome pour illustrer la situation au Pape et recevoir ses conseils et son appui. Le Saint Père non seulement écouta avec attention, mais accorda la somme de 3.600 duchés d’or.

L’origine protestante du culte vaudois est claire et il est pratiqué en Vallée d’Aoste encore de nos jours. Bien que venant de la même souche du christianisme, il est bien différent du catholicisme, comme nous l’explique Leo Sandro Di Tommaso.

Le culte vaudois en Vallée d’Aoste

Par Laura Agostino

En Italie, la liberté de culte est un droit. Mais il s’agit d’un droit que les fidèles vaudois ont acquis seulement à partir de 1848, quand Charles-Albert promulgua des lettres patentes qui leur reconnurent les droits civils et politiques. Auparavant, ils ne pouvaient pas voter, ni fréquenter l’école ou l’Université publique et ils étaient marginalisés dans les trois vallées de Pignérol. Charles-Albert ne les autorisa toutefois pas à pratiquer leur culte en public : ils ne pouvaient le faire que chez eux. Pour que les premiers temples vaudois fissent leur apparition, il fallut attendre la fin du XIXème siècle et c’est à ce moment-là que l’histoire de ce culte en Vallée d’Aoste commença.

Leo Sandro Di Tommaso – historien vaudois – C’est comme ça qu’il sont venus à Courmayeur, parce que Courmayeur c’était un parmi les centres es plus importants de la Vallée d’Aoste pour le tourisme, pour les eux minérales et pour les bains d’eaux. Les Courmayeurains ont connu les Protestants qui venaient de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Suisse et ont écouté leurs prédications. Lorsqu’ils sont partis, ils ont demandé à la table vaudoise d’envoyer un pasteur à Courmayeur qui, ensuite, est descendu ici à Aoste. Mais il faut considérer que, simultanément, dans la Basse Vallée (Verrès, Arnad, Pont-Saint-Martin et surtout Viéring de Champdepraz) ont été des centres d’expansion des vaudois en Vallée d’Aoste.

Alors, si l’église vaudoise est vieille de 800 ans mais les vaudois ne sont arrivés chez nous qu’en 1800, nous ne comprenons guère pourquoi, dans le centre d’Aoste, une Croix célèbre l’expulsion de Calvin…

Leo Sandro Di Tommaso – Calvin n’est jamais venu en Vallée d’Aoste, parce qu’il s’est échappé de Ferrare lors d’une question qui est arrivé le vendredi Saint 1536. Pour s’échapper de nouveau et rentrer en Suisse, la voie la meilleure, la plus facile, la plus rapide c’était pour la Valtelline, Coira et puis Genève.

Question historique réglée, la raison pour laquelle le temple vaudois d’Aoste se trouve presque en face de la Croix de ville nous échappe…

Leo Sandro Di Tommaso – Probablement parce que (et il y a aussi des écrits sur ça) le premier pasteur qui a acheté pour la table ces bâtiments, l’a fait avec la volonté de contraster le monument à Calvin. Pour dire : « Ce n’est pas le catholicisme qui a triomphé, nous sommes là. Les Protestants… – parce que l’église vaudoise a adhéré au protestantisme dans la forme du calvinisme de Genève – les protestants sont là pour retouffer et pour combattre le catholicisme ». C’était comme ça alors. Maintenant ce n’est plus comme ça : maintenant il y a l’écuménisme qui est une directrice – on pourrait dire – une idée évangélique. Parce que notre Seigneur Jésus Christ a dit que le monde croit si les chrétiens s’aiment entre eux.

Laissons maintenant l’histoire de côté et venons-en aux principales différences entre le culte vaudois et le catholicisme. En entrant dans un temple, par exemple, l’absence d’iconographie religieuse est évidente.

Leo Sandro Di Tommaso – On a seulement la croix parce que notre Seigneur a ressurgi : il n’est plus mort. Avec son corps glorieux il est auprès de son père. Et puis les images : les images (selon la révélation, selon la sainte Bible), il ne faut pas les vénérer. Il y a le premier commandement, pour cela. Et alors on respecte, comme d’autres chrétiens aussi. Tous les Protestants n’aiment pas les images, parce qu’ils ont peur de l’idolâtrie.

La fonction religieuse vaudoise est quelque peu différente aussi.

Leo Sandro Di Tommaso – Il y a l’accueil au commencement, puis un hymne de joie, puis la confession des péchés, la confession de foi, le pardon de la part de Dieu. Parce que les Protestants n’acceptent pas la confession auriculaire : ceux qui veulent la pratiquer ils peuvent bien la faire mais, dans l’évangile, il n’y a pas ça. Et puis la … La prédication est au centre du culte, comme on voit ici, dans cette église protestante, qu’il y a le pupitre qui est au centre de l’église. Comme la parole de Dieu est au centre de la spiritualité protestante. Et puis il y a, après le sermon (les lectures, le sermon, la réflexion en silence, même en écoutant de la musique) la sainte cène : c’est-à-dire le pain et le vin qui sont offerts à tous les fidèles. Et puis la partie finale… Il y a aussi, comment dire, une exaltation des communications et de ce que la communauté doit dire. Il fait partie du culte. Il y a un moment où tous peuvent parler pour communier des choses : des programmes, des nouvelles. Et puis il y a le pater noster (en italien ou en français) et puis la bénédiction finale. C’est plus ou moins la structure de la messe mais sans croire, comme les Catholiques, à la transsubstantiation.

Les différences ne s’arrêtent pas là : citons encore le fait que les pasteurs ne sont pas contraints à observer le célibat et qu’il s’agit d’une fonction que les femmes peuvent elles aussi remplir; le culte n’est pas obligatoirement présidé par un pasteur mais tout fidèle peut, à l’occurrence, célébrer la messe.
Mais, à la fin, c’est quoi être vaudois ?

Leo Sandro Di Tommaso – Pour moi ça a été (il y a presque 20, 25 années) reconnaître une église évangélique, c’est-à-dire basée sur l’évangile, les actes des apôtres, sans des structures qui alourdissent. C’est une église, pour moi, on pourrait dire, démocratique, parce que c’est une église synodale. Le synode on peut le traduire comme «faire le chemin ensemble». Et donc il a une église qui est structurée par les églises locales, les charges électives et puis d’autres instances supérieures jusqu’au synode. Pour moi ça a été ça. Et puis il y a une grande liberté pour la discussion. Un grand travail pour connaître la Bible, pour prier ensemble. C’est ça, pour moi.

Pierre Gazin, quand il descendit à Rome pour recevoir l’appui du Saint Siège contre la réforme protestante, reçut l’onction sacrée qui le désignait comme l’évêque d’Aoste, bien qu’il eut été nommé plus d’une année auparavant.
Pierre Gazin était originaire de Verceil et il avait des origines nobles. Sa famille l’orienta vers les études religieuses, en considération du fait qu’il était un cadet. Il obtint sa maîtrise en droit civil et canonique. Ensuite il prit ses vœux chez les chanoines réguliers du Latéran.

Continuons à donner un regard aux autres cultes pratiqués dans notre région : la communauté musulmane est toujours plus importante et cela a justifié la constitution d’une ligue. Un discours à moitié entre société et religion, celui que nous avons fait avec Osman Coletti.

Être islamique en Vallée d’Aoste

Par Simona Madeo

Le phénomène migratoire qui s’est manifesté en Italie au cours des dernières décennies a intéressé la Vallée d’Aoste aussi. Nous avons ainsi assisté à une augmentation constante des citoyens étrangers qui ont décidé de se fixer dans notre région. Étant leurs zones de provenance surtout l’Afrique du Nord et l’Asie, ils sont principalement de foi musulmane. C’est donc en raison des exigences d’intégration sociale surgies parmi ces immigrés que de nouvelles associations ont vu le jour sur le territoire. Nous allons alors faire la connaissance de la ligue islamique qui a été fondée à Aoste et qui compte la présence la plus considérable d’étrangers.

Osman Coletti – Vice-Président de la Lega Islamica Autonoma della Valle d’Aosta – La ligue a été fondée ici en Vallée d’Aoste pour répondre aux nécessités de tous les immigrés de foi musulmane qui sont venus habiter en Vallée d’Aoste à partir de la moitié des années Quatre-vingts. Je me rappelle les premiers qui venaient, il y avait mon père qui donnait quelque chose, parce – qu’ils n’avaient rien, ils avaient une condition très pauvre. Petit à petit ils se sont organisés, c’est venu naturel de commencer à se rencontrer et à faire revivre ses propres traditions et surtout l’aspect spirituel de la religion.
Il y a quelques mois, on a recommencé, disons. Il y a Monsieur Chaib (…) qui a appelé des nouvelles personnes pour gérer cet espace et l’association, en organisant des activités.

Les résidents extracommunautaires étaient, en 2003, 3117 (le 2,6 % environ de la population totale de la région) provenant principalement du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc). Le flux migratoire a enregistré, dans une première phase, une prédominance masculine.

Osman Coletti – Avec des exceptions, naturellement, c’est surtout une immigration pour nécessité, donc une immigration pour travail et donc il y a, avant, les hommes qui arrivent, qui restent ici, qui travaillent, qui font beaucoup de travaux (surtout des travaux manuels et fatigants aussi) et, dans les années, ils cherchent, naturellement de se reconnecter avec leur famille.

La coexistence entre arabes et population locale est normalement pacifique. Les tensions initiales qui pourtant parfois se produisent font partie du normal processus d’intégration.

Osman Coletti – Il y a soixante années, ou soixante-dix années, ici en Vallée d’Aoste, venaient les gents du Vénéto, de la région de Venise et les valdôtains les appelaient ‘les japonais’ parce – qu’ils (…) venaient de très loin, c’était au dehors de toute notion d’espace. Et les gens qui venaient de la Calabre, ils les appelaient ‘les africains’. Il y a soixante-dix ans et il y avait bien sûr des problèmes, des tensions et tout. Et maintenant, les deux communauté sont complètement integrées (on a même la fête de Saint-Georges et Saint-Jacques en juillet, et toute la population en est heureuse). Et donc, je pense que c’est normal : quand il y a un différent qui arrive il y a des tensions, parce – qu’il faut connaître quelqu’un de différent de soi – même, donc il faut plus temps.
Donc on va voir la possibilité de voir cette intégration sortir. Je peux pratiquer ma foi librement, ça c’est un cadeau.

La liberté religieuse s’exprime également par l’existence de lieux de culte. La ligue musulmane a pensé à cela aussi, en créant – auprès de son siège – une mosquée. Les moments de prière sont guidés par un imam. L’imam est, par définition, la personne qui conduit la prière : donc, à la différence du culte chrétien, chaque fidèle peut être imam.

Osman Coletti – Quand-même, il y a des personnes qui ont étudié de plus ou qui ont un cœur plus ouvert, ou qui savent parler mieux et connaissent mieux certains arguments et donc se prennent en charge le fait d’organiser la ‘… ‘, c’est-à-dire le sermon, le discours du vendredi.

Le scénario est, quand même, beaucoup plus vaste. La réflexion sur l’immigration en Vallée d’Aoste doit considérer les jeunes de deuxième génération aussi, c’est-à-dire les enfants de famille étrangère qui sont nés et grandissent ici et qui ont des exigences d’intégration dans le pays qui les accueille, sans pourtant casser les liens avec leur culture d’origine.

Osman Coletti – Il y a un nouveau comité qui gère l’association, disons, et on a des projets de commencer de nouvelles initiatives. On a l’école pour les enfants qui veulent apprendre la langue arabe et elle a déjà commencé le dimanche matin. Et on a en programme de faire des rencontres publiques pour toute la population, aussi, (…) pour inviter la population à assister à des conférences, des évènements (…).

Parmi les sujets les plus abordés, au cours de ces rencontres, il y a la compréhension réciproque entre cultes et cultures différentes.

Osman Coletti – L’Islam, mais toutes le religions peuvent être connues de deux façons : peuvent être connues de l’extérieur, en voyant les formes, en voyant les activités sociales que les gens pratiquent, en voyant les vêtements avec lesquels ils s’habillent, en regardant toutes les formes, non, toutes choses qu’on peux voir avec les yeux, mais le cadeau le plus grand qu’ils ont c’est prendre la volonté de les regarder dans l’intérieur, c’est-à-dire ce que l’Islam ou toutes spiritualités peuvent nous donner.

Revenons à notre monseigneur Gazin. Il fut nommé évêque d’Aoste en 1528. Au cours de son mandat, il réserva toujours une grande attention aux visites pastorales, convaincu du fait que le plus grand remède contre la plaie du protestantisme devait être la lutte contre l’ignorance en matière religieuse (y compris celle des curés catholiques !). L’éducation fut donc sa première mission.

Tout compte fait, l’éducation est la base de toute cohabitation civile. Nous avons déjà abordé le discours de l’immigration et nous allons maintenant le poursuivre en entrant dans le Centre communale des Immigrés Extracommunautaires d’Aoste : une institution bien engagée dans la création d’une société multiethnique.

Le Centre Communal Immigrés Extracommunautaires 

Par Simona Madeo

Afin d’affranchir les discriminations sociales entre les étrangers et la population locale, la ville d’Aoste a fondé, il y a une quinzaine d’années, le Centre Communal des Immigrés Extracommunautaires. Avec ses nombreuses activités, cette structure œuvre dans le but de favoriser l’intégration des immigrés dans le milieu valdôtain et de promouvoir la connaissance et la mise en valeur de leurs expressions culturelles, sociales, religieuses et récréatives.

Donatella Jeantet – Coordinatrice du Centre Communal Immigrés Extracommunautaires – Il Centro Immigrati è nato nel 1991 ed è un centro che si è modificato proprio in relazione alle trasformazioni che l’immigrazione straniera ha vissuto in questi anni.
Al centro si rivolgono i cittadini stranieri che arrivano per la prima volta in Valle d’Aosta, sia quelli che arrivano direttamente dai loro Paesi d’origine, sia quelli che hanno già invece effettuato percorsi migratori in altre regioni italiane. Sono però soprattutto, come dire, i cittadini stranieri già residenti qui nella regione, che costituiscono, poi anche, il nucleo centrale della popolazione immigrata a rivolgersi a noi.

Le centre se charge, principalement, de l’écoute des exigences et des requêtes des citoyens extracommunautaires et s’engage à fournir un service d’orientation (à propos des ressources disponibles sur le territoire) et de consultation bureaucratique.

Donatella Jeantet – Le domande che ci vengono poste sono ampiamente differenziate, tra di loro. Si va dalla semplice richiesta, ad esempio, di sostegno nella compilazione di moduli a, in generale, proprio ad una richiesta di sostegno proprio nel disbrigo delle pratiche amministrative e burocratiche necessarie per la permanenza. Ci sono poi domande di sostegno nella ricerca abitativa e occupazionale, fino alla presa in carico di situazioni più complesse, diciamo, di natura sociale e giuridica, che richiedono comunque il supporto di altre figure professionali, quindi di altri servizi, con i quali si cerca insieme di attivare, di individuare delle risposte concrete.

La structure est, en même temps, un espace d’agrégation pour les différents groupes ethniques qui habitent la région. Mais, dans le rayon d’action du centre, figurent également des activités d’information et de sensibilisation adressées à la population valdôtaine aussi, concernant le phénomène migratoire et ses conséquences sociales et culturelles.

Donatella Jeantet – Attualmente le attività si sviluppano in tre ambiti specifici di lavoro: il primo, sicuramente, è quello a diretto contatto con i cittadini stranieri e lo scopo è quello di andare ad individuare e formulare dei percorsi di accompagnamento e di orientamento (ovviamente dove ci sono le condizioni necessarie perché questo possa avvenire). Sono dei percorsi differenziati a seconda, proprio, delle diverse situazioni in cui le persone si trovano. Secondo ambito di intervento è quello a carattere socio-culturale e si esprime attraverso l’organizzazione di vari eventi. Ultimamente, negli ultimi anni, abbiamo posto molta attenzione all’organizzazione di seminari o di convegni di approfondimento sui temi dell’immigrazione. L’ultimo è stato un seminario dell’anno scorso del mese di novembre sui temi dei minori stranieri; però, nel corso degli anni sono stati molti gli argomenti, dalle assistenti familiari, le cosiddette badanti, ai percorsi di inserimento sociale più in generale. Ultimo ambito è proprio l’interazione che il centro promuove e sviluppa sul territorio.

Le Centre Communal pour l’immigration a vécu des transformations profondes au fil du temps, en relation à la complexité croissante du phénomène migratoire. Beaucoup de travail a été fait, mais tout aussi importants sont les problèmes encore à résoudre.

Donatella Jeantet – Le questioni aperte sono diverse. Sicuramente la questione abitativa è una di queste, che accomuna peraltro, molti cittadini stranieri a molti italiani, ecco, è un problema abbastanza comune. Però sono anche altre le questioni, quindi la ricerca di lavoro è una importante, come la questione dei minori, oppure l’esigenza di maggiore, come dire, professionalizzazione di certe attività, di certe professioni.

Pubblicato / aggiornato il 11/04/2020 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video