François Stévenin : un nouveau projet pour l’épanouissement du Peuple valdôtain
À l’occasion du IX congrès de l’Union valdôtaine, François Stévenin a adressé une lettre ouverte au movement.
Voici le texte :
Dans les années 60, l’Union valdôtaine, à la suite de l’alliance avec le Parti communiste, connut des scissions qui engendrèrent la naissance, à droite, de l’Union valdôtaine démocratique, du Rassemblement valdôtain, etc.
Dans le années 70, après l’alliance avec la Démocratie chrétienne, elle subit une scission qui eut comme conséquence la création, à gauche, de l’Union valdôtaine progressiste.
Ce qui donna, aux élections régionales de 1973, le résultat qui suit : quatre élus pour l’Union valdôtaine, deux élus pour l’Union valdôtaine progressiste et un élu pour le Rassemblement valdôtain.
En 1976, lorsque Mario Andrione était président du Gouvernement, il y eut la réunification des mouvements autonomistes.
À l’occasion des élections régionales de 1978, alors que le Gouvernement était toujours présidé par Andrione, l’UV remporta son premier grand succès, avec neuf élus.
Aux élections tenues au cours des mandats successifs, l’UV obtint douze, quinze et ensuite dix-huit élus. Pour arriver à 17 l’an 2008 (5 Renouveau), 13 l’an 2013 (7 U.V.P. et 5 ALPE).
Lors des dernières élections régionales (2018), quarante-cinq ans après la réunification, l’Union valdôtaine a remporté sept sièges, devenus 6 après la sortie de Mme Rini. Mais combien de ces élus sont en réalité des unionistes? 4 ou 5? Et ils connaissent tous l’histoire de l’Union valdôtaine, ses fins et ses Statuts ?
J’ai des doutes !!!
Les congressistes doivent se poser une question : pourquoi l’UV se retrouve-t-elle dans cette situation ?!
Pourquoi trois anciens présidents et un ancien secrétaire de l’UV, trois anciens présidents du Gouvernement, trois anciens présidents du Conseil, un ancien député, deux anciens sénateurs, des anciens assesseurs, des anciens conseillers, des anciens vice-présidents et de la Région et du Conseil régional ont quitté le Mouvement? Et encore: pourquoi des anciens syndics et des militants de la première heure ont eux aussi abandonné?
Est-ce que toutes ces personnes ne sont que des girouettes, des traîtres et des vendus… ou encore des arrivistes?
Ou, plutôt, le malaise que l’Union valdôtaine vit depuis longtemps est à l’origine de la diaspora?
IL Y A DE QUOI RÉFLÉCHIR ! Et il faut des réponses !!!
Est-ce que l’Union valdôtaine a toujours le même projet pour la Vallée d’Aoste ?
Qu’est-ce que la politique internationale de l’UV est devenue?
Pourquoi la Vallée d’Aoste ne fait plus partie de la Francophonie officielle?
Où sont passés les liens avec les Mouvements autonomistes, fédéralistes et indépendantistes d’Europe et du monde?
Est-il possible de faire de la politique unioniste sans un journal comme Le Peuple valdôtain, qui était, en Vallée d’Aoste, l’unique hebdomadaire en langue française ?
Bien sûr, la politique économique (tourisme, industrie, agriculture, artisanat) et les politique de l’emploi, de la sécurité sociale et sanitaire, de l’environnement, de la montagne, avec des priorités peut-être, s’avèrent fondamentales pour notre Communauté.
Je crois, quand même, qu’il s’agit de politiques communes à toutes les forces politiques de notre Région….
Mais en quoi consiste la politique de l’UV qui doit, ou devrait, faire la différence?
L’Histoire de la Vallée d’Aoste, la culture, la langue française et le franc-provençal et le fédéralisme n’ont plus été à la une dans les projets de l’Union valdôtaine!
On a laissé à la pseudo-gauche porter de l’avant une histoire « ambiguë» de la Vallée d’Aoste.
On a laissé à une certaine droite et aux indépendantistes une discutable culture fédéraliste.
On a laissé à des soi-disant écologistes la politique environnementale.
On a laissé bâtir partout… et maintenant…. un peu partout on lit «vendesi» ou «affittasi».
Et l’Université a-t elle joué le rôle qu’on s’attendait?
Où sont les intellectuels? Où est la jeunesse valdôtaine ? Où en est-on avec la formation de nos administrateurs et de nos jeunes?
Et pourtant, l’Union valdôtaine était, en quelque sorte, le dépositaire de ces programmes politiques : l’histoire, les traditions, les langues maternelles, la politique du territoire, etc.
Et les autres Mouvements régionalistes, autonomistes et fédéralistes ?
Pour eux-aussi, un examen de conscience s’avère indispensable ! Il faut prendre acte du fait que la responsabilité de cette situation revient un peu à toute la classe politique, à nous tous, je me prends aussi ma partie de responsabilité.
Ce qu’il faudrait à la Vallée d’Aoste, c’est une classe politique formée de personnes honnêtes, prévoyantes et clairvoyantes qui aient avant tout comme but l’intérêt et l’avenir de notre Vallée.
Ce qu’il faudrait c’est des fonctionnaires compétents qui connaissent à fond et partagent les racines juridiques et identitaires de notre autonomie.
Faire le ménage de qui a la responsabilité de l’actuelle impasse s’avère indispensable!
Plus de scandales, plus de corruption, plus d’aventuriers! Car on ne risque pas seulement la fin des mouvements autonomistes et fédéralistes : on risque l’avenir de l’Autonomie de la Vallée d’Aoste et des futures générations.
Ce qu’il faudrait, alors, c’est un nouveau projet clair, qui avant tout devrait tenir compte des idéaux qui étaient à l’origine du Mouvement et, en même temps, développer la recherche et progresser dans l’innovation des différents secteurs économiques.
Ce qu’il faudrait, c’est de profiter et de bénéficier du savoir-faire des centaines de jeunes valdôtains émigrés dans le monde…et du savoir faire des soi-disants « Amis de la Vallée d’Aoste».
Ce qu’il faudrait, c’est un nouveau pacte entre les autonomistes et toutes les femmes et les hommes de bonne volonté pour mettre fin aux ambitions et aux rivalités personnelles et réaliser le nouveau projet pour l’épanouissement du Peuple valdôtain, ouvert à l’Europe et au monde entier.
Pubblicato / aggiornato
il 05/10/2018 alle 12:00
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Categoria:
Politica e Amministrazione
