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En groupe: les Sallereins

L’histoire du groupe folklorique « Les Sallereins » a débuté à La Salle, en 1968, grâce à l’impulsion venue de Bruno Salice et Luigi Viscian. Ce dernier n’est plus, mais M. Salice peut encore nous parler de l’inspiration qui a donné naissance au groupe.

Bruno Salice  – En 1964, presque par hasard, nous avons analysé la situation du Valdigne et nous nous sommes rendu compte qu’à La Thuile, Courmayeur, Pré-Saint-Didier et Morgex tous avaient leur costume. La Salle en était dépourvue, bien qu’étant un centre de tradition assez important, puisqu’on avait la Badoche et une autre danse typique, La Sallereintze. L’idée de confectionner notre propre costume est née ainsi. Un petit groupe de travail s’est constitué, qui a recueilli du matériel photographique et même des vêtements. Nous avons collaboré avec Amédée Berthod, qui nous a aidé dans l’élaboration de quelques dessins et nous avons choisi le costume que le groupe porte actuellement. Notre première sortie a eu lieu en 1968, le jour de la Badoche. Tout le monde attendait cette journée : les couples arrivèrent des différentes rues pour se réunir sur la place, ce fut un spectacle très apprécié.

La Badoche, justement. Il s’agit d’une tradition très ancienne qui le 13 août, jour de la Saint Cassien, patron de La Salle, portait des jeunes gens en costume à faire le tour du village, à la sortie de la messe, pour annoncer à tous le rendez-vous dansant de l’après-midi. À 15 h, en effet, sur la place de l’église, tout le monde se regroupait et les couples de jeunes invitaient à danser les autorités, les habitants et les visiteurs. Cette danse est proposée par les Sallereins encore de nos jours.

En 1974, Bruno Salice laissa la présidence à Marino Tisseur, qui la quitta en 1980 en faveur d’Annalisa Plat. De 1986 à 2001 ce fut le tour de Roberto Presa  puis c’est Katia Lafarge qui prit la relève et assume cette responsabilité encore aujourd’hui. Mais pour quelle raison abandonne-t-on le groupe que l’on a créé ?

Bruno Salice – J’ai abandonné le groupe quand j’ai vu qu’il pouvait marcher tout seul. Mais aussi parce que mon intention était que le groupe s’engage dans quelque chose de plus que de se produire en dansant. J’aurais aimé insérer un côté historique : que ces jeunes, par des recherches, puissent reconstituer les archives qui avaient été brûlées au cours de la guerre. Je me suis aperçu que cela n’intéressait personne et alors je me suis retiré. Mais je suis revenu au cours d’un moment de crise : Marino Tisseur vint me chercher et alors je suis revenu. Les problèmes résolus, je suis reparti.

En 1992, Les Sallereins se sont enrichis par la naissance d’un nouveau important foyer : Les Jeunes Sallereins. Il s’agit d’un groupe constitué exclusivement par des enfants de 4 à 12 ans, qui apprennent quelques danses et se préparent à donner la relève aux adultes. Delfina Gerbore s’occupe tout spécialement d’eux.

Delfina Gerbore –Je suis enseignante d’école maternelle et j’ai commencé à faire danser les enfants, à l’école, comme si c’était un jeu. Je pense que le maintien des traditions est important et alors je me suis dit que ça aurait été une bonne idée de constituer un groupe d’enfants. Les petits Sallereins sont nés de cette façon. Nous n’avions pas encore le costume et même pas une salle pour les répétitions. Pendant une année nous avons continué de cette façon non officielle, ensuite nous nous sommes aperçus que les enfants aimaient ça et les parents aussi et nous avons démarré notre activité officielle.

Nous avons commencé avec La Sallereintze et La Badoche (en reprenant les danses des adultes avec quelques petits changements), puis nous avons pris l’habitude de faire apprendre toute danse nouvelle par les grands et les petits en même temps.

Et c’est une belle émotion de passer du groupe des enfants à celui des « grands »…

Il y a également des parents qui, tout en n’ayant pas vécu et ne vivant pas la réalité du groupe, y ont inséré leurs enfants.

Il y a, par contre, qui a tellement apprécié l’expérience dans les Sallereins – même si elle comporte au moins une répétition par semaine – qu’il a transmis la passion du folklore à ses enfants.

Giuseppina Comé – J’ai commencé à faire partie de ce groupe folklorique à l’âge de 16 ans. J’ai accepté parce que j’aimais danser et parce que c’était une occasion de sortir, surtout au cours de l’été.

Maintenant j’ai une fille de 4 ans, j’ai l’impression qu’elle aussi aime danser et alors je l’ai insérée dans le groupe. A’ l’occasion des sorties je l’accompagne et j’ai ainsi la possibilité de vivre l’atmosphère du groupe.

Le répertoire des Sallereins était originairement constitué par quatre danses : La Badoche, notamment, mais également la Danse des Vignerons, le Walser des Triolets et La Sallereintze.

Les danses sont exécutées au son des accordéons et les musiciens participent aux répétitions comme aux spectacles. Le répertoire initial du groupe a été progressivement enrichi et aujourd’hui il se compose d’une dizaine de danses.

Les membres ont toujours été en nombre suffisant pour garantir la survie du groupe ; les problèmes sont de tout autre genre, comme obtenir les financements nécessaires à l’activité.

Marino Tisseur – Nous avons parfois eu quelques problèmes pour les financements, et le plus embêtant est la bureaucratie que l’Administration régionale impose.

Le spectacle des Sallereins dure presque une heure et les exhibitions se tiennent lors de fêtes et manifestations, en Vallée d’Aoste comme ailleurs. Les tournées à l’étranger sont aussi de belles occasions pour faire du tourisme.

Corrado Chatel – Nous faisons des sorties dans les environs, mais nous sommes plus contents quand on nous appelle de plus loin et nous partons pendant deux ou trois jours. Je pense qu’il s’agit d’une façon pour unir le groupe. Rester quelques jours ensemble, s’amuser, faire le spectacle est important pour l’harmonie.

Nous nous sommes jumelés avec une chorale d’un village près de Venise. Ça a été très beau parce qu’après le spectacle ils nous ont conduit voir la Regata storica. Etant donné qu’ils connaissaient les meilleurs endroits, méconnus des touristes, ça a été formidable !

Les costumes des Sallereins s’inspirent des vêtements portés au cours des siècles par les châtelains. Les hommes portent une chemise blanche et une cravate rouge, un pantalon et une veste de drap marron foncé, un haut-de-forme noir. Les femmes portent une chemise blanche avec des dentelles au cou et aux poignets, fermée par un ruban rouge ; une culotte longue ; une robe-chasuble bleue longue jusqu’aux pieds et couverte par un tablier rouge ou violet. Sur la tête, elles portent des coiffes en dentelle aux nombreuses pointes. Ce n’est peut-être pas l’habillement le plus pratique qu’on puisse imaginer, mais il y a quelqu’un qui est tellement fier de le porter…

Rina Trebout – C’est moi qui leur a demandé de me donner un costume. Ils me demandaient toujours de les accompagner à l’occasion des sorties et ils avaient un costume en plus. Ils me l’ont donné et c’est moi qui a fait les ajustements.

Dans mon cœur j’étais tellement émue et heureuse d’être avec eux et de pouvoir porter ce costume dans mes derniers jours.

Je tiens à être avec eux parce qu’ils m’aident à vivre.

Plein de beaux souvenirs, donc, le vécu des Sallereins.

Pubblicato / aggiornato il 15/11/2020 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video