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Rien qu’une vache – Les brebis

Leur regard sournois fait pendant avec leurs oreilles qui ballottent à travers un énorme flocon blanc. Elles se promènent serrées les unes contre les autres, tout à coup elles s’arrêtent et regardent quelqu’un ou quelque chose d’un air interrogatif, puis elles reprennent leur flânerie. Drôles de bêtes, les brebis. Compagnes des hommes depuis longtemps, les brebis on été domestiquées pour différents buts et utilités, heu oui, là c’est un peu excessif, d’habitude elles servent pour  la laine, la viande et le lait.

L’œil se perd dans un troupeau, et il est difficile de les compter sans s’endormir, ça marche pour qui souffre d’insomnie, mais le berger, quand il rentre le soir avec ses brebis, comment  fait-il? Il faut le demander à un éleveur. Pour satisfaire notre singulière curiosité, et bien sûr pour nous documenter plus sérieusement, nous sommes allés à Lazey, dans la Commune de La Salle, pour découvrir un alpage qui accueille ces ovins. À nous recevoir Valentina, Martina et Melissa qui tiennent un troupeau d’ovins, activité liée à l’agritourisme, évidemment aidées par leurs grands-parents : Paola Favre et Aldo Chabod. La journée dans l’alpage est cadencée par des rythmes précis.

Les journées se déroulent paisibles mais aussi intenses chez les Chabod. L’activité de l’exploitation agricole liée à l’agritourisme prend du temps, mais les brebis, à l’inverse d’autres animaux, laissent du temps libre, et aussi bien Paola que Aldo se déclarent satisfaits de leur choix.

Les brebis que nous voyons ici sont de la race Rosset. Pour cette race un registre a été créé en automne 2001, à Rome, au cours de la commission technique centrale des populations ovines et caprines à diffusion limitée. Il s’agit d’une race de montagne très ancienne : son origine est méconnue et elle doit son nom probablement à la couleur rousse de son manteau. C’est sûrement la race de brebis la plus diffuse en Vallée d’Aoste mais – à cause d’un phénomène de métissage – la population a  fortement diminuée. Cela vaut la peine alors de découvrir les secrets de cette race. Pour ce faire nous avons contacté Monsieur Avio Verraz, technicien de l’assessorat régional de l’agriculture et collaborateur de l’AREV, qui depuis longtemps s’investit pour valoriser et protéger la race Rosset. Une race qui présente des particularités bien précises.

Un oeil profane pourrait avoir du mal à distinguer une race de l’autre. En effet, si on regarde les brebis de façon superficielle, elles se ressemblent toutes. Alors il va bien nous falloir en déranger une, si l’on en veut une description plus précise, mais juste le temps de l’observer plus en détail pour ne pas trop la bousculer.

Le mouton, lui aussi, présente les caractéristiques de la race Rosset, mais il est un peu moins calme que la brebis et, pour l’observer sans encombre, heureusement Aldo vient nous prêter main forte.

Les élevages de brebis ont toujours été plutôt limités, en Vallée d’Aoste. Aujourd’hui l’intérêt principal des éleveurs ovins est de récupérer la race Rosset ; c’est pour cette raison qu’on a commencé à les insérer dans un registre. Mais le récupération d’une race n’est pas aussi simple, à cause des croisements.

Pendant que Avio nous explique les performances de la race Rosset, Aldo continue son travail dans l’exploitation. Paola s’apprête à cuisiner et Valentina, Martina et Melissa donnent un coup de main. Dans cette entreprise, la famille Chabod a fait plusieurs choix de qualité : l’environnement  est bien soigné, une multitude de fleurs couronne l’alpage. Même la race Rosset est le fruit d’un choix bien raisonné.

Comme tout éleveur passionné, qui travaille pour la qualité de vie et pour une idéologie et non strictement pour un intérêt économique, Aldo aime ses animaux. On le voit bien. On le voit quand il leur donne à manger, on le voit quand il en parle, et on le comprend aussi du fait que ses brebis ont un nom. Rien de si étonnant pour nous, habitués à cette pratique avec les vaches, mais en principe les brebis ne reçoivent pas de nom de leur propriétaire.

Comme toutes les fois que nous visitons une exploitation agricole et nous connaissons de nouveaux animaux, nous sommes intrigués par la façon de pratiquer l’élevage, mais nous cherchons aussi à entrer un petit peu dans le domaine de l’éthologie animale. La question qui s’impose est donc la suivante : les brebis ont-elles leur caractère spécifique ?

Le caractère dominant du chef de troupeau chez les brebis n’est pas le seul cas d’entêtement animal dans l’exploitation des Chabod, et quelques fois la tranquillité de la ferme a été dérangée par quelqu’un…

Le travail continue à Lazey : c’est le moment de s’occuper de la petite chèvre, du cheval et des autres animaux. Cette exploitation agricole, d’une quelque façon nous a fait faire un pas en arrière dans le temps, quand presque chaque famille avait quelques animaux pour satisfaire les besoins primaires. Et les brebis étaient présentes un peu partout.

La race Rosset était élevée originairement pour trois objectifs principaux : le lait, la laine et la viande, ensuite elle a été utilisée principalement pour la production de viande et laine.

Non seulement lait, laine et viande, mais aussi environnement. Les brebis en effet sont précieuses pour la sauvegarde du milieu.

Il est presque midi, pendant que Avio nous a fait entrer dans le monde de la race Rosset et Aldo a continué son travail avec les animaux, Paola s’est occupée de la cuisine. Les touristes arrivent et le repas à base de brebis est quasiment prêt.

Et voilà ! L’assiette est servie !

Eh non. Nous n’avons pas oublié notre toute première question! Alors, Aldo, le soir, quand il rentre ses brebis, est-ce qu’il risque de s’endormir ?

C’est mieux comme ça…Notre voyage à travers la découverte de l’agriculture en Vallée d’Aoste va se conclure aujourd’hui aussi. Comme d’habitude nous avons observé la vie dans un contexte agricole, en appréciant  les différents aspects agrestes. Mais caché derrière l’élevage ou l’agriculture, nous avons contemplé le protagoniste de l’histoire : l’homme. Avec son engagement, son courage, sa détermination, ses faiblesses aussi et ses émotions. Comme celle du grand-père agriculteur, qui n’arrive pas à conclure sa phrase,  tant il s’attendrit en parlant de ses petites-enfants.

Pubblicato / aggiornato il 29/03/2021 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video