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Rien qu’une vache – La race d’Hérens

Tout au long de nos émissions, nous vous avons emmenés à la découverte du mode de conduite des troupeaux de vaches, en observant la désalpe ainsi que l’inalpe. Aujourd’hui, nous nous lançons dans une « trans-alpe ». Non, ce n’est pas un nouveau système de transhumance, tout simplement nous nous sommes rendus en Suisse, pour connaître la race bovine cousine de celle valdôtaine : la race d’Hérens.

L’origine de cette race est vraisemblablement le reliquat d’une population bovine qui peuplait à l’origine l’arc alpin, des Alpes autrichiennes à la Savoie. La race d’Hérens est fortement apparentée aux races autochtones du Val d’Aoste et de récentes études ont fai apparaître que les groupes sanguins de la race d’Hérens différaient d’une manière remarquable de ceux des autres races suisses.

La lien de parenté avec nos vaches, se voit bien, non seulement dans les caractéristiques somatiques qui la distinguent, mais également dans le système d’élevage : tout comme nos troupeaux, les troupeaux d’Hérens se trouvent maintenant à l’alpage.

Et si la vie d’alpage helvétique est bien similaire à celle valdôtaine, on ne peut pas en dire autant sur la distribution du troupeau par rapport aux propriétaires. La structure du cheptel se caractérise par la petitesse des troupeaux. On dénombre environ mille éleveurs détenant sept mille vaches et génisses portantes inscrites au herd-book de la race d’Hérens, donc un nombre moyen de 6,8 animaux par détenteur. 60 % des éleveurs maintiennent les animaux dans des unités de 1 à 6 bêtes. Seuls le 8 % des éleveurs gardent 16 animaux ou plus. Cette statistique met en évidence le fait que l’élevage est une activité accessoire pour la majorité des possesseurs de la race et qu’environ 10 % seulement d’entre eux en tirent leur revenu principal.

Les caractéristiques somatiques de cette vache sont bien identifiables. Les animaux sont de taille moyenne et présentent un aspect trapu et profond avec un corps large et bien musclé. L’ossature est fine et très solide. La tête est courte et large avec une forte encornure. Les membres sont courts et vigoureux avec des articulations sèches et des onglons très durs. Les aplombs sont en général corrects, l’allure vive et dégagée.

La robe est unie et varie du noir au fauve (rouge brique). Les muqueuses, les onglons et les pointes des cornes sont ardoisés ou noirs. De plus, une caractéristique rare, les livrées juvéniles se modifient lors de la mue; de rouge, le corps devient noir et la raie dorsale de noire devient rouge. 

La passion qui lie la vache d’Hérens aux éleveurs est évidemment influencée par les combats. De toute façon, une vache reste un animal domestique dont la finalité d’élevage vise à l’obtention de bons rendements, à la fois en lait et en viande, et à conserver, voire à améliorer, les aptitudes générales.

L’objectif  des éleveurs d’Hérens concernant la productivité laitière a été fixé à 3500 kg de lait durant la lactation standard, avec une teneur moyenne en matière grasse de 3,9 % et une teneur en protéines de 3,5 %.

Parallèlement à la production laitière, la vache d’Hérens vient d’être prise en considération  pour sa production de viande, avec la mise en valeur de la filière et de la traçabilité.  

Viande et lait sont deux des trois buts de l’élevage de cette race. Le dernier, qui parfois nous paraît être le plus considéré par les éleveurs, et celui lié aux cornes. Les animaux de cette race sont pourvus d’un tempérament vif et belliqueux, qui se concrétise par la manifestation d’un rituel de dominance exacerbé. Les combats auxquels se livrent naturellement les vaches lors de la mise à l’herbe, de la montée à l’alpage ou lors de la réunion de deux troupeaux en témoignent. Cette aptitude est bien sûr à la base de l’organisation des combats de vaches qui ont lieu chaque printemps. Ces manifestations rassemblent plus d’une centaine d’animaux répartis en diverses catégories selon l’âge et le poids.

En bavardant avec Monsieur Mottiez nous découvrons qu’il y a, en quelque sorte, un quatrième marché qui tourne autour de la vache d’Hérens, bien qu’il s’agisse d’un secteur peu répandu.

Nous laissons le discours lié au secteur économique, et du moment que nous sommes face aux stars des reines, cela vaut bien la peine de faire connaissance avec quelques-unes d’entre elles.

Les 300 kg des vaches Jersey, confrontés aux 700 Kg des Hérens, qui de plus sont très combatives, nous font nous interroger sur la gestion du troupeau. Comment est-il possible que deux races si différentes puissent coexister dans le même pâturage sans s’embêter les unes les autres ?

Après avoir analysé les caractéristiques des vaches d’Hérens, nous souhaitons à présent faire un petit tour dans cet alpage, pour en découvrir les différents lieux de travail.

Et, de l’étable, on passe à la fromagerie…

Et en suivant le parcours de la raclette, nous rejoindrons… la cave.

Notre voyage à la découverte de la race d’Hérens et de l’alpage de Bouzerou, se termine ici, bien évidemment les différences entre l’élevage helvétique et celui valdôtain sont présentes, mais, au premier coup d’œil, en regardant ces images, on pourrait bien croire que nous sommes au Val d’Aoste.

Pubblicato / aggiornato il 09/08/2021 alle 21:05
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Categoria: Cultura / Video