Rien qu’une vache – Céréales en Vallée d’Aoste
Dans les 74 communes qui forment la Vallée d’Aoste, chaque village a ses hameaux et presque chaque hameau a son four à pain. Aujourd’hui encore, ces fours sont utilisés – normalement au commencement de l’hiver – pour la préparation du pain noir. Pain qui, autrefois, se faisait avec les céréales cultivées sur le territoire.
Considérée comme la base alimentaire des grandes civilisations, la culture des céréales constitue l’une des premières activités agricoles, fournissant un moyen d’alimentation régulier, autour duquel l’activité humaine pouvait s’organiser. Avec l’essor agricole du début du XIème siècle, la surface des terres céréalières s’accroissait en Europe occidentale : phénomène progressif et appelé “céréalisation”. Par contrecoup, les superficies utilisées pour l’élevage tendaient à diminuer en valeur relative.
Quelques siècles plus tard, en Vallée d’Aoste, la tendance était inversée : au début des années 1900, la superficie des champs cultivés à céréales était de 8.000 ha, drastiquement réduite à 1.775 dans les années Soixante. Aujourd’hui cette superficie n’est que de 20 hectares environ.
Pour récupérer ces écotypes des céréales présentes en Vallée d’Aoste, en diversifiant la production agricole de la région pour valoriser aussi les champs abandonnés, l’Institut Agricole Régional s’est engagé dans un projet de recherche dans le secteur céréalier, pour parvenir à une panification de seigle à partir de la farine locale. Le premier problème à affronter ? Récupérer les semences.
Jugement positif donc pour Madame Roux, mais revenons aux débuts du projet qui a porté à la réalisation de ce champ.
Mais le pain ne peut pas se faire avec n’importe quelle céréale. En effet, il en existe plusieurs types. Les documents médiévaux évoquent les «blés», mais ce terme générique recouvre en réalité un éventail de diverses céréales : la recherche effectuée par l’Institut Agricole Régional s’adresse aux écotypes liés au territoire valdôtain, notamment le seigle.
Le seigle est semé en hiver et pousse surtout en montagne, car il résiste bien aux températures basses, il est ainsi moins sensible aux maladies et tolère les terrains plus pauvres. Sa farine permet de produire le pain noir.
Les graines de céréales, qui sont à la base de l’alimentation humaine, contiennent principalement des glucides (sous forme d’amidon), des protéines et des lipides en faible proportion provenant du germe. En effet on peut extraire de l’huile végétale de certaines céréales. Les céréales sont surtout intéressantes pour leur apport énergétique, sous forme de sucres lents. Elles sont aussi une source de vitamines et de fibres alimentaires. Certaines céréales contiennent une protéine particulière, le gluten, qui permet d’en faire du pain : on les appelle céréales panifiables. Mais plongeons-nous dans le champ de Brusson pour mieux connaître les types de céréales qui y sont cultivées.
Cela vaut le peine, alors, de les voir encore de plus près. Prenons une de ces plantes et observons-la mieux.
Les emplois des céréales sont nombreux : dans l’alimentation humaine les plus utilisées aujourd’hui sont le blé, le riz et, secondairement, le maïs. L’orge sert surtout en brasserie pour la fabrication du malt. Dans l’alimentation animale, pratiquement toutes les céréales sont utilisées, même le blé traditionnellement réservé à l’homme. Les usages industriels de ce produit sont aussi très vastes : de la production d’alcool éthylique et de boissons alcoolisées on passe aux dérivés de l’amidon utilisés dans l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique et divers autres secteurs. Tandis qu’autrefois…
Les épis de l’Institut Agricole ne sont pas les seuls qui poussent en Vallée d’Aoste : quelques agriculteurs, dans le but de récupérer des terrains inutilisés, ainsi qu’une tradition des ancêtres, ont décidé de semer des céréales. C’est le cas de Claudio Milliery, qui a décidé de cultiver des céréales à Saint-Pierre.
La passion que Monsieur Milliery nourrit pour la culture de ces céréales ressort nettement des efforts qu’il lui voue. Son but est bien sûr celui de produire le pain, mais également de maintenir une tradition en pratiquant donc une activité agricole avec en ajout une valeur ethnographique, comme le démontrent ces images que lui-même nous a proposées et qui remontent à la fin des années quatre-vingt-dix.
C’est comme ça qu’on faisait …
Notre tour dans ce genre d’agriculture un peu caché se termine ici, nous avons eu la possibilité de nous plonger un peu dans l’histoire en redécouvrant les champs de nos grands-parents. Mais le projet sur la production céréalière continue sa marche avec un objectif bien précis.
Mais pour le moment, que pensent ceux qui, à distance de quarante ans, voient refleurir les champs de céréales ?
Nous ne pouvons pas encore concrètement savoir si, à l’avenir, la culture des céréales en Vallée d’Aoste portera des effets sur l’économie, mais pour le moment nous pouvons affirmer que pour ce qui est des émotions les effets n’ont pas été des moindres !
Pubblicato / aggiornato
il 23/08/2021 alle 21:15
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Cultura / Video