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Rien qu’une vache – La filière de la laine (Seconde partie)

La semaine dernière nous nous étions quittés après avoir connu les caractéristiques de la laine des brebis Rosset et le nouvel essor dans l’élevage de cette race dû à la naissance d’une maison de mode et d’une collaboration entre Arev, Coopérative Les Tisserands de Valgrisenche et société Valgrisa. Nous avions également pu décrire  les phases de tonte et de tri de la laine. Il fallait alors partir vers Biella pour les opérations successives. Nous y voilà, alors !

Après la première année, où opérations de lavage, filature et tordage étaient effectuées en France, la filature de Chantemerle n’arrivait plus à assurer les quantités de laine requises. Il a alors fallu chercher d’autres partenaires et c’est à Biella qu’on les a trouvés. Ici, la laine est tout d’abord lavée

La laine propre est alors acheminée vers une autre structure pour y être filée.

Encore un déplacement, une autre manufacture : celle chargée du tordage de la laine.

La laine est maintenant prête pour son retour en Vallée d’Aoste : de la plaine du Pô elle revient à Valgrisenche où elle va être tissée artisanalement, à la main, sur les métiers des Tisserands. Ce ne sont pas des petites fées qui effectuent les opérations, mais les associées elles-mêmes, en suivant des techniques ancestrales. On commence par positionner les fils de laine sur le métier.

Ensuite, il faut attacher les nouveaux fils à l’ourdit précédent, par des nœuds et de la patience.

Une fois le métier prêt, il faut alors prédisposer la navette.

La technique que nous venons de connaître est utilisée pour les tissus les plus épais, principalement destinés à l’ameublement. Les tissus destinés aux vêtements se font, par contre, selon une deuxième méthode.

Nous avons alors compris que pour la réalisation de chaque pièce différente de tissu, un métier spécifique est utilisé, mais toujours impérativement en bois (tradition oblige).

Voilà ! Nous sommes donc à la fin des phases préliminaires du travail en ce qui concerne les vestes réalisées à Valgrisenche. Il y a encore quelque chose à faire : le feutrage.

Le feutrage, autrefois, se faisait d’une façon bien plus artisanale : des bains dans de l’eau glacée et des coups de marteau en bois. Maintenant la technologie intervient là aussi et,de plus, pour les vestes de Valgrisa il faut parler d’une technique d’imperméabilisation basée sur la nanotechnologie !

Maintenant les draps tissés passent aux mains de la couturière de la coopérative pour la confection des vestes commercialisées au pied du Barrage de Beauregard ; pour ce qui est des vestes de la société Valgrisa, par contre, le tissu part vers Brescia, où un atelier artisanal procède aux phases de confection, sur la base d’indications précises.

Nous l’avions déjà annoncé : à Valgrisenche c’est par contre une couturière artisane qui se charge de la réalisation des vestes.

Le travail de Mme Perron se fait également chez elle, à Sarre. Toutefois elle utilise le tissu de Valgrisenche également pour d’autres productions que les vestes, en y mettant ses mains, mais également sa fantaisie….

Pour faire une veste simple et inspirée de la tradition, la couturière de la coopérative travaille pendant deux ou trois journées, ça dépend du modèle. Mais la production des Tisserands ne se limite pas aux vestes.

À la fin de ce long parcours, fruit de siècles d’expérience et des bénéfices de la modernité, nous sommes partis des brebis au pâturage pour parvenir à un vêtement qu’hommes et femmes portent avec plaisir. Les premiers à porter la veste de Valgrisa ont bien évidemment été les associés…

La finalité d’une initiative commerciale est toutefois, bien évidemment, la commercialisation. Les produits des Tisserands se vendent directement dans leur magasin, mais pas seulement…

La coopérative compte toutefois sur un autre marché. Il y a, en effet, deux rendez-vous, annuels à ne pas rater pour une bonne commercialisation du produit : les foires de l’artisanat valdôtain.

Tout autre est le type de commercialisation qui intéresse les vestes griffées Valgrisa, qui sont vendues en Vallée d’Aoste, dans les principales grandes villes italiennes et même à l’étranger.

Il faut dire que la veste arrive au client déjà, elle aussi, coquettement habillée…

Mais, hélas, la quantité de laine produite est loin de satisfaire la demande du marché !

L’industrie de l’habillement a ses règles et il faut également prévoir des phases de promotion du produit…

Pas seulement de la publicité dans les magasines, pour Valgrisa, mais également un site internet.

Les vestes de Valgrisa, nous l’avons vu, n’ont qu’une seule phase de travail qui se déroule en Vallée d’Aoste : le tissage. Est-il alors pensable, dans un futur, de créer les conditions pour que la filière entière soit développée ici ?

La Vallée d’Aoste, dont le passé fonde ses racines dans la ruralité, cherche donc à bâtir son futur par la création  d’une économie respectueuse du milieu. Cela passe également par une agriculture florissante et par un élevage en mesure d’exploiter au mieux les différentes filières possibles : lait et viande, bien sûr, mais aussi la laine.

Pubblicato / aggiornato il 27/09/2021 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video