Rien qu’une vache – Les femmes et l’agriculture valdôtaine
Un champ se pare face à nos yeux. Il ne s’agit pas d’un espace où la nature est souveraine, mais d’une surface aménagée par l’homme et utilisée pour l’agriculture ou l’élevage. Aménagée par l’homme, nous avons dit, mais il s’agit d’une affirmation quelque peu impropre : le nombre des femmes engagées dans l’agriculture, en Vallée d’Aoste, est en croissance continuelle, tout comme les exploitations agricoles qui sont administrées par la gente féminine. Dans le classement national, nous sommes parmi les trois premières régions italiennes qui dénombrent le plus fort pourcentage de femmes agricultrices. Seul le secteur du commerce peut se confronter sur des quantités comparables.
La présence féminine est plus ou moins marquée selon le secteur spécifique de l’exploitation : le trône revient aux agritourismes, où l’on enregistre le 66,7% de femmes.
Il s’agit alors d’une réalité importante, qu’on ne peut sous-estimer mais qu’il faut, au contraire, connaître. Avec cet esprit nous avons profité de trois témoins qui, sous différents profils, nous ont raconté leurs expériences.
Une introduction de caractère général s’impose et nous allons profiter du savoir de Cristina Pession qui, dans l’Assessorat régional de l’Agriculture et des Ressources naturelles, se charge justement de suivre l’activité des exploitantes.
Cristina Pession – Assessorat de l’Agriculture et Ressources naturelles – en VdA on a beaucoup de femmes qui s’occupent de l’agriculture. Dans l’année de 2006 on conte le 36% des entreprises qui sont gérées des femmes et surtout pour ce qui concerne l’aide à la première installation on arrive au 37% sur les dernière six années et dans la dernière programmation on arrive aussi au 68%.
Mme Pession est un témoin fort intéressant, puisqu’elle ne se limite pas à son travail au sein de l’Administration régionale : elle gère elle-même, depuis 2005, une petite exploitation agricole et elle s’occupe alors d’un jardin potager, de la culture de petits fruits et de l’élevage des abeilles. Elle transforme ses récoltes en confitures et en produits conservables.
Revenons toutefois à ses compétences professionnelles primaires. Nous aimerions savoir quels sont les secteurs, dans le domaine agricole, où les femmes s’expriment davantage.
Cristina Pession – Assessorat de l’Agriculture et Ressources naturelles – les femmes, elles choisissent plus les secteurs mineurs. C’est-à-dire la cultivation des petits fruits ou bien les jardins potagers. Elles font aussi de la diversification dans l’entreprise. Parce qu’elles ont une différente sensibilité respect aux hommes. Les hommes ont la tendance à choisir surtout l’élevage et surtout l’élevage des vaches.
Toute règle a toutefois ses exceptions et il y a alors des femmes qui, justement, au milieu des vaches de leurs étables se trouvent bien à leur aise. Simone Bal, par exemple, qui gère – à Charvensod – l’exploitation agricole qui lui vient de sa famille, n’a jamais mis en doute que l’élevage de bovins aurait été sa destinée professionnelle. Toute son existence a été marquée par le retentissement des clarines.
Simone Bal – éleveuse de vaches – c’est depuis que je suis toute petite que je suis à l’étable. Avant quand c’était le travail de mon grand-père j’ai commencé alors, quand j’était tout petite j’allais au pâturage avec lui. Après de mon grand-père la ferme agricole est passée à ma mère et après quand j’ai terminé mes études à l’Institut Agricole j’ai commencé à temps plein ici à l’étable avec mes parents. Et en 2001 moi et mon frère on à fait une société agricole et c’est nous deux qu’on travaille le plus à l’étable, qui gèrent l’étable on peut dire.
Tout autre histoire celle de Monica Voncini, apicultrice à La Magdeleine, qui a découvert son talent agricole dans une phase précise de sa vie, quand elle a choisi de changer sa vie et, par conséquent, son boulot.
Monica Voncini – apicultrice – allora io mi sono trasferita in valle d’aosta da Torino più precisamente qui a La Magdeleine nella fine del 2001, quindi sono quasi sette anni, perché non ne potevo più della città, io vengo da Torino. Troppo caos, troppo inquinamento, troppo traffico, troppo di tutto insomma. Avevo proprio bisogno di una boccata d’ossigeno e qui decisamente l’ho trovata. Migliorando un po’ la qualità della vita dovevo migliorare la qualità del lavoro. Io prima facevo la rappresentante per la grande distribuzione e quindi centri commerciali, autostrade, caos, traffico ecc.. Mi sono avvicinata all’apicoltura grazie a un collega. Ci siamo messi a parlare e più che altro è stata una curiosità da parte mia. Questa curiosità ha fatto seguito poi al corso di avvicinamento, quindi il corso per principianti che ho organizzato dall’associazione apistica a Saint Marcel e da lì ho cominciato.
Voilà alors que le choix de travailler en agriculture a plusieurs raisons, pas nécessairement en rapport avec la rentabilité économique : il y a la passion, il y a l’héritage et il y a aussi la recherche d’une existence saine, d’un bien-être nous pourrions dire.
Mais si rien n’est rose dans la vie quotidienne, des difficultés se dressent aussi face aux exploitantes agricoles : le moment du choix, celui du démarrage de l’exploitation, le travail quotidien, les échéances et la gestion administrative et bureaucratique… Nous pouvons tout imaginer, mais il est mieux que ce soit directement celle qui vit cette réalité à nous raconter quels sont les obstacles qu’elle rencontre, en partant du réveil qui sonne très tôt…
Simone Bal – éleveuse de vaches – ça c’est la chose pire des étables. Car le matin à 4h30 je me réveille, je bois le café et à 5h moins quart je suis à l’étable, et on commence à donner aux vaches des aliments complémentaires on nettoie les étables et après à 5h30 on commence la traite jusqu’à 6h30. Après il faut regarder les veaux, il faut laver les machines à traire et après je nettoie de nouveau l’étable pour finir à 7h30/8h du matin j’ai fini. Après pendant la journée il y a toujours des petits travaux à faire à la campagne, les prés, les ruisseaux et tout ça et après de 4h de l’après midi à 6h de l’après midi on est de nouveau à l’étable et on recommence de nouveau de zéro.
Mme Bal aime bien toutes ses vaches et elle a parfaitement à l’esprit la situation entière de son étable. Elle a aussi les idées bien nettes face à ce qu’elle aime et ce qu’elle trouve désagréable.
Simone Bal – éleveuse de vaches – on a 22 vaches après, ça dépend des années, des années on a plus des années on a moins, on a 8 veaux, et 2 taureaux. Les vaches on toutes un nom, ma préférée c’est Mirette que c’est ma petite vache, ma préférée on peut dire et après il y a toutes les pi rouges qui sont toutes égales, sont toutes mes préférées. Moi j’aime beaucoup traire, j’aime plus traire que les vaches de la bataille, j’aime pas trop ça, c’est pas ma passion.
La difficulté principale que Monica Voncini rencontre est probablement liée aux nombreux déplacements qu’elle effectue entre le Piémont, Saint-Vincent et La Magdeleine. Le fait de travailler avec des abeilles, insectes armés d’un redoutable aiguillon ne la tracasse guère. Elle nous décrit son travail au milieu des ruches avec la plus grande sérénité.
Monica Voncini – apicultrice – questo qui è il melario dove le api vanno a immagazzinare il miele che praticamente quello che noi possiamo “rubare” a loro. Qui stiamo facendo del miele di tarassaco…. Ecco vedete ogni celletta ha il miele. Praticamente loro lo immagazzinano in queste cellette esagonali. Quando il miele è pronto, perché ovviamente adesso ha una percentuale molto alta d umidità, considerate che il limite per legge è del 20%, quando il miele è pronto loro lo chiudono con un sottile strato cera, quindi si dice che il miele è opercolato, e in questo modo il miele può durare per degli anni senza problemi.
Le mot miel n’est qu’un, mais les miels sont nombreux, suivant les caractéristiques des nectars que les abeilles ont sucé. Le goût, la couleur, le temps de cristallisation dépendent des fleurs. Parmi toutes les possibilités offertes par la flore valdôtaine, Mme Voncini a fait ses choix.
Monica Voncini – apicultrice – per quanto concerne le caratteristiche dei mieli che produco, allora il miele d’acacia è molto riconoscibile perché è un miele che non cristallizza. Rimane sempre liquido, ha un colore molto trasparente, un gusto delicato, un retrogusto anche confettato e si presta bene poi alle lavorazioni che io faccio, perché io produco anche delle marmellate dolcificate con il miele d’acacia, avendo questo gusto delicato non mi va ad alterare il gusto della frutta. Il miele di castagno è un miele esattamente al contrario del miele d’acacia, molto forte, amarognolo, un colore ambrato, si sposa bene con il lardo e certi tipi di formaggio ad esempio dei caprini. – Il miele di tarassaco è un miele che cristallizza immediatamente. Ha un colore sul giallo, sembra un po’ burroso come consistenza. Il mille fiori di pianura ha un profumo, un gusto ovviamente floreale. Ha un colore leggermente più scuro rispetto al mille fiori che riesco a fare qui in montagna, qui a La Magdeleine dove c’è come tocco predominante il rododendro. Ecco il rododendro è un altro tipo di miele molto delicato, molto chiaro e anche molto ricercato in quanto se le condizioni climatiche non sono ottimali diventa molto difficile riuscire a fare un miele a più di 2000m di altitudine, insomma.
En Vallée d’Aoste, au sein de la Chambre Valdôtaine, un comité pour l’entreprenariat féminin a été constitué, avec la finalité de représenter toutes les femmes qui font de l’exploitation, dans tout secteur. Il regroupe deux déléguées de la Chambre ; dix venant du monde des associations et des institutions ; trois de matrice syndicale. Cristina Pession en fait partie en tant que représentant de l’Assessorat régional de l’agriculture. Le comité est né en 2005 et il a ses fonctions précises.
Cristina Pession – Assessorat de l’Agriculture et Ressources naturelles – comme activité s’intéresse de tout ce qui peut aider l’entreprise féminine et cherche de résoudre les problèmes qu’on relève dans l’entreprise. Soit pour créer l’entreprise, soit quand on doit la gérer. On a vu que les premières années sont les plus difficiles. Maintenant on est en train de chercher de comprendre quel sont les problèmes et comme on peut les résoudre.
Les femmes – avant de choisir de s’engager dans l’agriculture – doivent bien réfléchir surtout quand elles ont déjà la responsabilité d’une famille, avec des enfants par surplus. Dans ce cas-là, le problème principal qu’elles doivent affronter est celui de l’emploi du temps : elles doivent bien s’organiser (ou, pour mieux dire, se partager) entre le boulot et la famille. Sous ce profil, en agriculture comme dans le monde du travail tout entier, les différences entre les hommes et les femmes sont encore bien marquées.
Cristina Pession – Assessorat de l’Agriculture et Ressources naturelles – on a relevé que les femmes ont la tendance de choisir l’entreprise agricole, de faire le choix de gérer un entreprise quand elles sont plus âgées respect à les jeunes hommes. Je pense que c’est aussi parce que la femme doit faire un parcours plus attentif et elle arrive à faire un choix plus (…..) avec plus de conscience.
Le travail d’éleveur semble être assez rude et fatigant. S’engager avec les vaches, les foins, la traite est plus ou moins ardu au féminin ?
Simone Bal – éleveuse de vaches – je pense que des grandes différences il n’y a pas entre un homme et une femme dans le travaille en agriculture et surtout dans l’étable. Je pense la grande différence c’est entre la force qui a l’homme et la force qui a la femme. Car beaucoup de fois j’ai besoin d’un coup de main pour ce qui regarde la force j’appelle mes frères, si sont là, si sont pas là j’emploi l’intelligence et tout ça j’espère d’arriver à me débrouiller tout seule.
Mais sommes-nous véritablement certains que les différences n’y sont pas ? Par exemple, si on parle de sensibilité ou de délicatesse, les hommes ont-ils ces vertus où perdent-ils très vite la patience ?
Simone Bal – éleveuse de vaches – ça c’est sûr. La délicatesse ça c’est sûr. Car les hommes moi je vois ils ont moins de patience de les femmes. Surtout en hiver avec les petits veaux qui naissent, mon frère qui c’est celui qui me donne coup de main à l’étable, il n’a pas de patience avec les veaux. Au contraire il faut, ils sont un peu comme de petits bébés alors il faut lui rester auprès, le gardé, il faut faire tous. Mon frère dans un instant est déjà parti et il ne regarde plus rien.
Certainement, pour les jeunes femmes, il est important de savoir que l’exploitation agricole féminine enregistre une augmentation continuelle. De nouvelles possibilités sont alors offertes. La plus importante est peut-être celle de recevoir des conseils par celles qui ont déjà parcouru le même chemin. Dans une période où l’égalité des chances entre femmes et hommes est toujours sous la loupe de l’attention publique et où la recherche de la qualité fait la une, on peut affirmer avec satisfaction que, en agriculture, c’est la méritocratie qui choisit. Qui fait les meilleurs produits et qui sait les proposer de la meilleure façon gagne. Cela est encourageant, surtout pour qui ne peut pas encore vanter une grande longévité professionnelle.
Monica Voncini – apicultrice – per quanto riguarda la mia esperienza, insomma, è abbastanza ridotta perché io ho cominciato proprio l’attività da un punto di vista professionale, non più hobbistico, dal 2003, quindi sono cinque anni. Noto che ci sono delle donne sia apicoltrici che imprenditrici agricole. Per quanto riguarda ad esempio l’allevamento del bestiame, la produzione del formaggio, ecc.. La cosa mi fa piacere perché è come se ci fosse un supporto.
un supporto psicologico per dire “ce la facciamo anche noi”. Senza nulla togliere all’imprenditore agricolo maschile assolutamente però penso che una donna abbia forse quel tocco in più per quanto concerne magari una sensibilità maggiore soltanto anche per la vendita dei prodotti, per, come si chiama, il confezionamento, l’etichettatura, anche perché adesso non è più come una volta, cioè adesso diventa anche difficile la rete di vendita, la commercializzazione del prodotto.
Trois différentes expériences, celles que nous venons de raconter. Trois jeunes femmes qui ont décidé de vivre en agriculture. Avec passion et engagement.
Avant de conclure nous ne pouvons toutefois nous empêcher de faire une considération concernant les statistiques : n’oublions pas que, de nos jours encore, parfois le nom d’une femme à la tête d’une exploitation agricole cache une propriété masculine, quand l’homme en question a, par exemple, deux activités parallèles. Cela ne touche en rien tout ce que nous venons de dire, il réduit seulement l’ampleur d’un phénomène pour autant intéressant.
Nous n’avons pas encore parlé des femmes qui voudraient devenir exploitantes agricoles mais qui ne le sont pas encore. Pour elles, quelques petits conseils, très importants pour bien commencer une activité et pour être certaines d’avoir fait le bon choix.
Cristina Pession – Assessorat de l’Agriculture et Ressources naturelles – le conseil c’est de penser bien à ce qu’on veut faire. Surtout sur les productions ou sur l’élevage qu’on décide de commencer. De chercher des informations sur les techniques et bien aussi regarder le marché et s’informer soit avec l’assessorat à l’agriculture, les bureaux qui sont toujours aux services de l’agriculteur et aussi avec l’institut agricole qui peut donner des indications techniques.
Et si l’enthousiasme vous a gagnées, démarrez votre activité agricole : notre prochaine émission pourrait vous voir comme protagoniste !
Pubblicato / aggiornato
il 21/03/2022 alle 20:30
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Cultura / Video