Rien qu’une vache – Stabulation libre ou entravée ?
Le confort de la principale protagoniste des exploitations agricoles valdotaines, la vache, est important. Comme tous les éleveurs le savent, les vaches à l’aise donnent plus de lait. C’est pourquoi on prend soin de bâtir les étables de façon à ce qu’elles soient rationnelles et fonctionnelles, mais également confortables pour leurs occupantes. Le confort influence la santé des pieds, des pattes, du pis et des trayons, la façon de s’alimenter, la prise alimentaire, la fertilité et la longévité. Le confort de la vache tient à de nombreux éléments, les plus évidents étant les stalles, les mangeoires et la surface de plancher. La question d’aujourd’hui est la suivante: en toute conscience de l’importance du bien-être de l’animal, quelle solution peut s’en rendre le meilleur garant : la stabulation libre ou entravée? Dilemme pas facile à résoudre! Et alors, armés de caméra et d’esprit d’observation, nous allons tenter d’aboutir à une évaluation comparative entre les deux types d’installations.
Complice de notre enquête, Alain Ghignone, technicien de l’A.Na.Bo.Ra.Va, qui nous offrira un point de vue “super partes” entre les deux modèles d’élevage.
Considérant que la presque totalité des étables valdôtaines présente une situation de stabulation entravée, qui est donc bien connue, il s’avère nécessaire de savoir ce que l’on entend par stabulation libre.
Cette définition étant maintenant clarifiée, c’est le moment de partir à la découverte des deux exploitations que nous avons choisies. Première étape : Valtournenche, là, dans l’alpage de Les Mandes, au milieu des montagnes, Loris Pieiller est en train de faire paître son troupeau avant de le rentrer dans l’étable, qui est gérée à stabulation entravée. Il suffit de bavarder cinq minutes avec Loris pour percevoir l’énorme passion qu’il voue à son travail.
81, 82, 83…on perd le compte, mais combien de vaches y a-t-il ici?
C’est le moment de rentrer à l’étable. Loris se met en marche avec son troupeau, dont les vaches portent les noms les plus disparates, et quelques fois même romantiques, Jolie-coeur et Lady en “pole position”. La rentrée à l’étable est une phase du travail qui prend beaucoup de temps, une fois entrées, les vaches doivent être entravées et leur queue liée. Loris, aidé par sa femme Laura, s’engage dans cette opération. Le cas de cette exploitation est particulièrement favorable pour notre enquête, parce que Loris a expérimenté directement les deux types de stabulation : auparavant, son étable était gérée en stabulation libre.
N’étant pas satisfait de la gestion de l’étable, Loris a changé le type de stabulation et en abandonnant celle libre, il a décidé de favoriser la stabulation entravée, pour de multiples raisons.
Non seulement Loris maintenant est plus satisfait de sa situation, mais il paraît que les vaches n’ont eu aucun problème d’adaptation en passant à la stabulation entravée.
Laissons pour un moment Les Mandes, un saut à travers les montagnes et nous sommes à Ayas, où Roberto Bagnod, souteneur de la stabulation libre, nous attend dans son alpage à Metsan. L’atmosphère de tranquillité qu’on observe dans le milieu naturel de cet endroit se reflète à l’intérieur de l’étable, où les vaches sont prises par la torpeur de l’après midi. Mais quelques fois, les unes ou les autres se lèvent pour faire un petit tour. Eh oui, en effet, c’est bizarre de les voir se déplacer à l’intérieur de l’étable. Dans ce type de stabulation la stalle est très importante, ici les vaches ont besoin d’assez d’espace pour pouvoir se lever, se reposer et se coucher à l’aise. Il faut considérer que, de façon automatique, dans l’étable comme au pâturage, la vache fait un mouvement brusque vers l’avant lorsqu’elle veut se lever. Elle effectue ainsi un transfert de poids qui lui permet de lever l’arrière-train plus facilement. Or, il est important que, dans sa stalle, la vache puisse faire ce mouvement quand elle se lève. S’il n’est pas possible de faire en sorte que l’animal puisse se propulser vers l’avant, il faut tout au moins que la forme de la cloison lui permette de se donner un élan sur les côtés.
Lorsqu’elle est couchée, la vache doit avoir suffisamment d’espace pour être à l’aise, sans que les cloisons ne la gênent ou ne la blessent. Si la stalle est assez longue et assez large, la vache n’aura pas tendance à se coucher en travers de la stalle, ou à maculer la stalle de déjections.
C’est dans ce contexte de bien-être animal que Roberto voit les raisons de son choix, qui date de longtemps.
Un certain nombre de facteurs peuvent aussi avoir une influence sur la propreté et le confort des bêtes. Ainsi, Roberto nous raconte une journée typique des vaches en stabulation libre.
Dans ce type d’étable, on observe la présence d’une planche de gorge, elle sert à délimiter l’espace pour le corps et l’espace pour la tête, lorsque l’animal est couché. Une planche bien placée remplit deux fonctions importantes : empêcher la vache d’avancer trop vers l’avant et de rester coincée; forcer l’animal à se coucher vers l’arrière de la stalle de façon à réduire la quantité de déjections dans la stalle.
Les deux réalités que nous avons visitées, nous ont donné la possibilité de bien comprendre les différentes stabulations. Le moment de tirer des conclusions approche, mais dans toute controverse la raison ne se trouve jamais si facilement, et alors avant tout il faut bien distinguer quels peuvent être les avantages et les inconvénients de la stabulation libre. Voici les avantages.
A l’heure actuelle, la presque totalité des vaches que compte la Vallée d’Aoste est détenue en stabulation entravée. Ce qui fait évidemment penser que les inconvénients existent.
Les difficultés qui surviennent sont surtout liées au comportement des vaches de la race valdôtaine, qui est fondé sur la hiérarchie, comportement auquel elles peuvent donner libre cours dans les conditions de stabulation libre. La combativité de la race serait donc une des causes de la difficulté d’effectuer la stabulation libre en Vallée d’Aoste.
La stabulation libre, notamment pour les vaches à cornes et les races à tempérament plus fougueux, se heurte encore au scepticisme des éleveurs pour plusieurs raisons. Mais notre enquête, dans les deux différents domaines, a observé un point commun entre les deux types de stabulations: la présence de la salle de traite dans chacune des deux exploitations.
Notre promenade, libre ou entravée que ce soit, va se terminer, avant de nous quitter voici quelques conseils.
Notre oeil d’observateur ne prétend pas aboutir à des conclusions sur la gestion de la stabulation. Ce que l’on peut souligner, c’est que aussi bien Roberto dans son alpage de Metsan que Loris à Les Mandes, en utilisant l’un ou l’autre aménagement de l’étable, ont cherché à créer une situation de travail confortable en tenant compte des exigences des animaux, mais surtout de leur propre famille, ce qui jette les bases pour la continuation de ce type de travail, sans perdre de vue que les sacrifices des éleveurs des années 2000, doivent forcément se marier avec un style de vie soutenable.
Pubblicato / aggiornato
il 15/03/2021 alle 20:30
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Cultura / Video