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Rien qu’une vache – Colliers des vaches

Colonne sonore des pâturages, concert qui commence au printemps et se termine seulement en hiver, la sonnaille joue ses notes basses dans la «batterie » qui compose l’ensemble des cloches, le long des déplacements des troupeaux. Pendues au cou des vaches, chèvres et moutons, dans des granges l’hiver, les clochettes, clarines, sonnettes ou sonnailles sont à la fois  une source de fierté et un signe de richesse. Encore fabriquées artisanalement, elles sont indispensables pour signaler la position du troupeau et les bêtes égarées.

Ces grandes cloches de vache en fer sont soutenues par une courroie brodée: colliers de cuir autour du cou des bêtes et objet d’artisanat. Tout le monde les voit, ces colliers, tout le monde en connaît les formes, les couleurs, les dessins. Mais, qui est-il, aujourd’hui, l’artisan qui réalise encore ces colliers ?

Engagement pas facile : un petit atelier doit être bien géré pour pouvoir survivre dans un marché toujours en expansion, souvent la technologie semble pouvoir avaler les produits artisanaux. Ce n’est pas le cas des colliers des vaches.

Fabrizio travaille le cuir aidé par Stefano, son jeune collaborateur qui n’a que vingt ans, mais parait avoir appris très vite son travail, bien que ses études l’orientaient vers tout autre chose.

Les colliers en question sont réalisés en cuir, qui n’est autre chose que de la peau tannée (généralement de la peau de grands mammifères comme le bœuf, le porc etc.), c’est-à-dire une substance imputrescible, souple et insoluble dans l’eau.

      Les types de cuir sont différents: il y a le cuir brut, qui est la dépouille de l’animal, issue de l’abattoir, non traitée. De ce fait, il serait plus correct de parler de peau brute. Ensuite il y a le cuir bouilli avec diverses substances pour fabriquer des tabatières, celui tanné aux tanins végétaux ou au chrome. Et encore le cuir corroyé que l’on obtient en immergeant les peaux dans l’eau, en les foulant avec les pieds pour les assouplir et en les enduisant ensuite d’un corps gras, plus utilisé pour la cordonnerie. Les cuirs vernis sont ceux réalisés avec des peaux corroyées auxquelles on applique plusieurs couches d’un mélange de craie en poudre, de noir de fumée et d’huile siccative ; après quoi on les enduit au pinceau avec un vernis. On peut dire aussi que le cuir a une croûte: il s’agit d’une épaisseur de peau obtenue lorsque l’on refend le cuir pour obtenir l’épaisseur désirée. Le morceau de peau obtenu, généralement de la taille de la peau d’origine, ne possède pas de fleur, c’est à dire de côté lisse.

      Petit excursus folklorique : en France les noces de cuir indiquent les deux ans de mariage, en symbolisant  une ligne d’arrivé plutôt pauvre, si on la compare aux noces d’argent et d’or. Ce qui indiquerait que le cuir est un matériel peu précieux. Ce n’est pas tout à fait comme ça. Au cours des siècles le cuir a eu, et continue à avoir, une certaine importance pour l’homme, et son prix n’est pas du tout exigu, bien sûr, si l’on achète un bon cuir. Mais ce n’est pas si facile de le reconnaître.

      De la sellerie à la cordonnerie, de la fabrication de vêtements à la reliure, jusqu’à arriver à la fabrication de meubles, les usages du cuir sont nombreux. Ce qui nous intéresse aujourd’hui,  c’est, bien évidemment, la réalisation des colliers des sonnailles. Allons découvrir alors le processus de fabrication de ces objets.

Dans le village où chaque vache a son nom, son identité et son histoire, évidemment les sonnailles ne peuvent pas être toutes égales. Les unes ont un certain dessin, les autres un nom ou un symbole tressé sur le portant de la courroie avec des rubans en cuir de différentes couleurs. Tout cela, enrichi par des applications en laiton qui rendent le collier encore plus varié. Cet ensemble de couleurs et de matériel, est-il le fruit de la fantaisie de l’artisan ou répond-il aux requêtes de l’éleveur qui les achète?

Symbole de prestige et signe d’identification, les sonnailles sont souvent utilisées comme prix des batailles, soit dans les concours éliminatoires pour les vaches qui se qualifient en finale, soit pour les reines et vice-reines de la finale régionale.  Mais ce ne sont pas les seules circonstances.  

On peut alors dire que ces sonnailles sont devenues un précieux objet d’artisanat, mais pourrait-on se hasarder à les définir des pièces d’art ? Peut-être, oui. En effet, souvent les éleveurs collectionnent les sonnailles, non seulement celles gagnées à l’occasion d’un combat, mais également  celles qui, pour une raison ou pour une autre, ont une signification spéciale pour ceux qui les collectionnent.

Féminin, masculin ? Numéro zéro ou 12 ? Un monde entier se cache derrière ces sonnailles. Il faut en savoir plus…

Le tour des bijoux des vaches va se terminer, découverts les secrets liés à cet artisanat, à partir d’aujourd’hui, nous pourrons observer d’un œil encore plus attentif les sonnailles, les colliers avec leurs mille dessins différents.

Pubblicato / aggiornato il 07/06/2021 alle 20:51
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Categoria: Cultura / Video