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Entre Mairie et Clocher : Champorcher

422 habitants, une altitude de 1.427 mètres, à l’issue d’un vallon sauvage et austère,  aux confins de deux grands parcs naturels, un nom lié à la culture et au tissage du chanvre mais aussi à l’histoire, par l’épisode de l’insurrection des Socques.

C’est Champorcher.

Le nom des habitants est champorcherins

La position géographique le situe à environ 14 Km de Hône et 63 Km d’Aoste

La fête patronale est le 9 mai,  patron de Saint Nicolas

Le curé s’appelle Giuliano Reboulaz

Le syndic s’appelle Celestino Savin

Champorcher est une localité pittoresque de haute montagne, entourée de prés et de forêts de mélèzes, dont le territoire couvre une superficie de presque 70 Km2 s’étendant de 1023 à 3186 mètres d’altitude. Cette commune se situe dans la partie haute du vallon parcouru par le torrent Ayasse, le premier vallon que l’on rencontre sur la droite orographique de la Doire Baltée en provenance du Piémont. Le chef-lieu se trouve à 1427 mètres, au lieu-dit Château, sur une large promontoire rocheux. D’un climat typiquement alpin, sec et tempéré en été, la haute vallée de Champorcher, qui prend son nom du village même, communique avec deux parcs de grand renom: le Parc Naturel du Mont Avic et le Parc National du grand Paradis. La morphologie particulière du vallon a longtemps constitué un obstacle au tourisme de masse permettant de conserver intègre la beauté sauvage du milieu.

Bien que de nombreux historiens aient avancé l’hypothèse d’une présence humaine dès le néolithique, aucun témoignage archéologique ne le confirme. Les premières sources historiques fiables remontent au 13ème siècle, quand

Champorcher appartenait à la seigneurie de Bard. Suite à de violentes disputes au sein de la famille, le territoire passa à la Maison de Savoie.

À la fin du 18ème siècle, l’affranchissement des cens féodaux permit aux habitants de devenir propriétaires des terres qu’ils avaient depuis toujours travaillées. Mais les impositions de l’État se faisant toujours plus opprimantes, la révolte éclata. Par trois fois, en 1799 d’abord, puis en 1801 et en 1853, c’est de Champorcher que partit un mouvement important dans l’histoire de la Vallée d’Aoste: l’insurrection des Socques, du nom des souliers (socques veut dire sabots) que portaient alors les paysans.

Au siècle dernier, Champorcher était l’un des lieux de prédilection du roi Victor Emmanuel II qui avait  établi, au lieu-dit Dondena, une réserve royale de chasse.

Dans un passé plus récent, lors de la dernière guerre mondiale, Champorcher constitua une porte d’entrée aux forces partisanes non autonomistes.

Trois grands personnages soulignent de leur présence l’histoire de Champorcher: à commencer par Monseigneur Fausto Vallainc.

La commune de Champorcher ne peut certes vanter une grande richesse de vestiges historiques. Ce qui ne veut pas dire que le peu qu’elle possède ne soit pas digne d’intérêt. Nombreux sont encore les vieilles habitations rurales et les raccards qui conservent leur charme suggestif et que la population a su revaloriser. Du château des Seigneurs de Bard il ne reste qu’une tour mais la religiosité des habitants a laissé de nombreux témoignages. Une infinité de chapelles sont disséminées sur tout le territoire dont la plus importante est peut-être celle d’Echelly  qui remonte à 1763.

Dédiée à Saint Nicolas, l’église paroissiale, telle qu’elle se présente aujourd’hui, date du 18ème siècle; la cloche, elle, date de 1548. À l’intérieur, le maître-autel de style baroque constitue par sa monumentalité et son empreinte artisanale un exemple des plus significatifs en son genre. L’église abrite également quatre autres autels latéraux tout aussi intéressants. Leur dimension, pour des autels secondaires si l’on peut dire, caractérise cette petite église de montagne et lui donne un attrait particulier.

Sur les rives du lac Miserin, se trouve le sanctuaire de Notre-Dame des Neiges, lieu de culte encore très fréquenté puisqu’il fait l’objet d’une procession traditionnelle.

Certaines localités de la Vallée d’Aoste voient leur nom lié à une activité très particulière et typique de l’endroit. Ainsi Champorcher évoque-t-il le travail du chanvre.

Un musée, entièrement consacré à cette activité, a été inauguré en 2005. Il s’agit du musée du métier à tisser, au hameau de Chardonney, qui se présente sous l’aspect d’une maison valdôtaine classique telle qu’on en trouvait au 19ème siècle et où l’activité principale se tenait justement au métier à tisser. L’intérieur repropose les différents moments de la vie d’antan, avec l’étable et la laiterie. Toute une partie de la structure est réservée au tissage avec le dernier métier à tisser encore existant et à présent ultra centenaire.

À la coopérative “Lou Dzeut” on peut aller découvrir l’exposition permanente des tissus réalisés en chanvre et apprécier le travail des associées sur des métiers comme ceux utilisés autrefois.

Parmi les manifestations organisées à Champorcher, citons, entre autre, la traditionnelle fête du pain noir (à ce propos, soulignons que presque tous les hameaux de Champorcher ont leur propre four, récemment remis en état, et que la population utilise encore). Mais la date la plus importante pour les Champorcherins est certainement  le 5 août, jour de la célébration de Notre-Dame des Neiges. Les fidèles partent alors au cœur de la nuit pour se rendre en procession jusqu’au Sanctuaire au bord du Lac Miserin.

Auprès de l’église paroissiale, un charmant musée d’art sacré propose de très belles pièces.

Mis à part le tissage du chanvre et l’agriculture, bien entendu, une autre activité eut un certain essor à Champorcher. Il s’agit de l’extraction minière, à commencer par celle de l’or, dès le bas moyen-age, pour arriver à celle du fer aux 17ème et 18ème siècles.

Aujourd’hui cette commune à une vocation fortement touristique.

De nombreuses structures permettent de pratiquer sports et loisirs en tous genres: une aire de pique-nique aménagée, des terrains de sports, une paroi d’escalade, des ballades à pied, à cheval, en V.T.T.. Mais aussi, pour les plus expérimentés et courageux, l’Alta Via n.2 qui du chef-lieu conduit au Col Fenêtre et bien d’autres itinéraires de plus longue portée pour lesquels deux refuges (celui de Miserin et celui de Dondena) permettent une halte dans un cadre à vous couper le souffle.

Champorcher c’est aussi un extraordinaire domaine skiable dont les pistes arrivent jusqu’à 2500 mètres d’altitude.

Il n’y a pas si longtemps encore semblait presque repousser le tourisme pour l’âpreté du territoire, dans un vallon à l’accès peu encourageant. Les minières ne sont plus exploitées et le travail du chanvre n’est plus pratiqué qu’artisanalement. L’agriculture est quelque peu dédaignée. Le présent connaît un tourisme en difficulté. Et le futur?

Pubblicato / aggiornato il 28/02/2021 alle 20:30
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Categoria: Cultura / Video